mercredi, mai 30, 2007

Résumé de lecture : « Capitalisme contre capitalisme »

Je voudrais consacrer cet article du blogue à présenter l'ouvrage de Michel ALBERT « Capitalisme contre capitalisme » (édition du Seuil, 1991). Peut être est-il connu de tous les lecteurs du blogue tant ce livre a fait parler de lui, toutefois je ne le pense pas et souhaite en conséquence vous en présenter les grandes lignes. Au regard de la problématique abordée, de l'originalité du regard proposé, de son actualité (malgré les quelques 15 années écoulées), je pense que ce résumé ne sera pas inutile. A l'heure de la finance reine, de la remise en cause du rôle social de l'entreprise, de la glorification des Etats-Unis et de l'apparition du développement durable et des discussions qu'il suscite, les développements de Michel ALBERT prennent tout leur sens.
Après avoir constaté que l'Amérique is back (même si cette démarche est à reculons au regard des difficultés auxquelles sont confrontés les Etats-Unis), Michel ALBERT constate que le capitalisme américain tend à se développer et à imposer son modèle (bien que, pour cet auteur, il s'avère nettement moins performant économiquement). Quel est ce modèle ? De manière provocatrice, Michel ALBERT indique que ce modèle peut se résumer en deux mots : la finance et la gloire. Plus précisément, Michel ALBERT remarque que le système américain tend à résumer l'entreprise en une machine à cash-flow, balottée par les vagues du marché et menacée par les imprévisibles tempêtes de la spéculation boursière. De même, les concepts de propriétaires ou de profits sur le long-terme tendent à disparaître, l'argent devient la reine de la société ...
Pourtant, à l'opposé de ce modèle capitaliste, se développe un autre capitalisme : le capitalisme rhénan (qui est indiscutablement un capitalisme, puisque marqué par une économie de marché, une propriété privée et une libre entreprise !). Ce modèle correspond à une vision diffrérente de l'organisation économique, à d'autres structures financières et à un autre modèle de régulation sociale. Pour en résumer les grands traits, les banques nouent des relations durables et privilégiées avec leurs clients, la structure et l'organisation du management sont caractérisées par un partage de responsabilités, l'Etat intervient avec parcimonie mais justesse, l'intérêt collectif y est fort tout comme l'idée de société égalitaire.
Finalement, la place de la France et de l'Europe dans cet affrontement paraît bien incertaine Michel ALBERT, aucun choix clair n'ayant été fait pour le moment. Cette constatation faite en 1991 n'est-elle pas encore juste à l'heure actuelle ?
A la prochaine ...

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