Les échos.fr, 30 juin 2009 - Article intéressant de François Vidal sur l'affaire Maloff publié au quotidien les échos.fr (ici) ...
Bernard Madoff a été condamné à la peine maximale. L'escroc du siècle finira sa vie derrière les barreaux. En à peine six mois, la justice américaine a donc bouclé le dossier de cette fraude à 65 milliards de dollars. (...) Sur le fond, en revanche, rien n'est réglé. L'essentiel du procès Madoff reste à instruire. Et rien aujourd'hui ne garantit qu'un nouveau scandale du même type est impossible. Sur l'affaire proprement dite, toute la lumière est loin d'avoir été faite. En choisissant de plaider coupable, l'ex-patron du Nasdaq a mis un terme prématuré à toute investigation approfondie sur une arnaque hors normes, qui s'est étalée sur deux décennies. Du coup, des pans entiers de la fraude pyramidale restent dans l'ombre (complices éventuels, bénéficiaires dissimulés...) et sans doute pour longtemps. De la même manière, les leçons en matière de protection des épargnants n'ont pas été tirées. Quelques initiatives ont certes déjà été prises des deux côtés de l'Atlantique. Hier encore, l'AMF s'est engagée à mieux surveiller les produits commercialisés en France. Mais tout reste à faire ou presque. (...) Dans le système de sélection des fonds commercialisables au sein de l'Union, d'abord. L'affaire a en effet montré que le passeport européen, censé fonctionner pour les fonds comme Schengen pour les individus, n'offrait pas toutes les garanties, loin s'en faut. Dans le mécanisme d'indemnisation des victimes, ensuite. Puisqu'on le sait maintenant le sort des épargnants en cas de sinistre dépend pour l'essentiel du bon vouloir de leur dépositaire, c'est-à-dire le gardien des sommes investies, et des autorités du pays dans lequel il est localisé. Il est donc urgent que Bruxelles et les régulateurs nationaux réforment ces normes en profondeur.
A la prochaine ...
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