Le Monde.fr, 14 juillet 2009 - Le journal Le Monde.fr publie un édito intéressant de M. Milner consacré à la situation post-crise et aux réflexions qu'elle suscite.
A observer sans passion le capitalisme financier, on mesure la vanité des condamnations morales. Pour qu'il ait imposé sa domination pendant près d'un quart de siècle, il faut bien qu'il ait répondu à quelque nécessité objective. Que s'est-il donc passé durant les trente ans dont on vient de sortir ?
Trois choses, sans précédent dans l'histoire du capitalisme. Premièrement, le marché est véritablement devenu mondial, autrement dit illimité ; depuis que l'ancien bloc de l'Est et la Chine en ont adopté les règles, il s'est étendu à tous les territoires, et, sur ces territoires, rien ni personne ne s'en excepte. Deuxièmement, à ce moment de la mondialisation extrême, les nations héritières du capitalisme classique ont définitivement perdu la maîtrise directe ou indirecte des ressources énergétiques. Le pétrole britannique nuance le tableau, mais ne le bouleverse pas. Troisièmement, une ressource naturelle s'est rappelée à l'attention. Moyennant les techniques de la terreur ou du besoin, elle peut être très bon marché ; elle est renouvelable ; elle est extrêmement productive. Je veux parler de la force de travail. C'est de fait le principal gisement dont la Chine dispose ; elle l'exploite sans états d'âme.
Résultat : les nations héritières ont vu fondre leurs avantages ; les surprofits sont passés aux mains de nouveaux venus, dont certains (la Russie, la Chine, l'Inde) osaient même annoncer des prétentions à la puissance militaire. Depuis l'or espagnol, jamais les flux d'argent n'avaient augmenté si vite et dans de telles proportions, mais ils se détournaient des anciens sanctuaires.
Une invention a permis de prévenir le danger : le nouveau capitalisme financier. Il se concentre fondamentalement sur Wall Street et la City. Soit les lieux les plus classiques du capitalisme le plus classique. Des surprofits que perçoivent les propriétaires des ressources naturelles, une part s'investit dans des dépenses d'équipement ou de pur prestige - ce sont souvent les mêmes ; le reste revient vers les vieux pays de la finance. Les surprofits, une fois placés, génèrent de nouveaux surprofits ; ces derniers sont réinjectés dans la machine pour de nouveaux surprofits. Entre New York, Londres et le Vieux Continent, le lac Atlantique nord redevient le mare nostrum de la richesse. Rome est toujours dans Rome. Dès lors, une illusion s'impose presque inévitablement. Un placement financier se ramène toujours à un déplacement d'argent ; si le placement est bénéficiaire, le déplacement paraît à soi seul générateur de profit. De cette illusion, on tire une conclusion ... lire la suite ici.
Trois choses, sans précédent dans l'histoire du capitalisme. Premièrement, le marché est véritablement devenu mondial, autrement dit illimité ; depuis que l'ancien bloc de l'Est et la Chine en ont adopté les règles, il s'est étendu à tous les territoires, et, sur ces territoires, rien ni personne ne s'en excepte. Deuxièmement, à ce moment de la mondialisation extrême, les nations héritières du capitalisme classique ont définitivement perdu la maîtrise directe ou indirecte des ressources énergétiques. Le pétrole britannique nuance le tableau, mais ne le bouleverse pas. Troisièmement, une ressource naturelle s'est rappelée à l'attention. Moyennant les techniques de la terreur ou du besoin, elle peut être très bon marché ; elle est renouvelable ; elle est extrêmement productive. Je veux parler de la force de travail. C'est de fait le principal gisement dont la Chine dispose ; elle l'exploite sans états d'âme.
Résultat : les nations héritières ont vu fondre leurs avantages ; les surprofits sont passés aux mains de nouveaux venus, dont certains (la Russie, la Chine, l'Inde) osaient même annoncer des prétentions à la puissance militaire. Depuis l'or espagnol, jamais les flux d'argent n'avaient augmenté si vite et dans de telles proportions, mais ils se détournaient des anciens sanctuaires.
Une invention a permis de prévenir le danger : le nouveau capitalisme financier. Il se concentre fondamentalement sur Wall Street et la City. Soit les lieux les plus classiques du capitalisme le plus classique. Des surprofits que perçoivent les propriétaires des ressources naturelles, une part s'investit dans des dépenses d'équipement ou de pur prestige - ce sont souvent les mêmes ; le reste revient vers les vieux pays de la finance. Les surprofits, une fois placés, génèrent de nouveaux surprofits ; ces derniers sont réinjectés dans la machine pour de nouveaux surprofits. Entre New York, Londres et le Vieux Continent, le lac Atlantique nord redevient le mare nostrum de la richesse. Rome est toujours dans Rome. Dès lors, une illusion s'impose presque inévitablement. Un placement financier se ramène toujours à un déplacement d'argent ; si le placement est bénéficiaire, le déplacement paraît à soi seul générateur de profit. De cette illusion, on tire une conclusion ... lire la suite ici.
A la prochaine ...
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