jeudi, septembre 15, 2011

Pour une économie moins marchande ?

Le Monde.fr, 15 septembre 2011 - Bonjour à toutes et à tous, intéressant ce point de vue en faveur d'une économie non marchande. Je vous laisse parcourir cet écrit ici ...

Dans toutes les démocraties, le taux de chômage détermine désormais le succès ou non d'une politique et l'issue des élections. Ce qui conduit, entre autres, le président américain à annoncer des mesures d'urgence, dont il espère des résultats immédiats. Hélas !, le chômage ne répond pas aux injonctions politiques. Pire, on décèle une tendance de long terme, dans les économies modernes, vers l'exclusion permanente de 10 % des demandeurs d'emploi : les Etats-Unis, à cet égard, ne font que rejoindre l'Europe. Si l'on trace une courbe de la croissance sur ces trente dernières années et, en parallèle, une courbe de chômage, on constate que les crises augmentent le chômage, mais que les reprises ne le résorbent jamais complètement : les entreprises en récession se réorganisent, ce qui leur évite de recruter à l'identique quand la conjoncture s'améliore. Les récessions génèrent donc du chômage définitif, le progrès technique aussi, en améliorant la productivité. La mondialisation contribue à cette tendance lourde : les emplois délocalisés ne reviendront jamais. En principe, ces emplois disparus seront remplacés par des nouveaux, plus complexes. Cette "destruction créatrice" vertueuse supposerait une main-d'oeuvre qualifiée pour de nouveaux métiers ; mais l'innovation accélérant plus vite que l'éducation, le décalage nuit aux moins éduqués, qui se retrouvent, partout, les moins employés. Pour s'en tenir à la théorie classique, il suffirait alors que les rémunérations baissent pour que l'offre d'emploi s'ajuste à la demande ; mais cela devient faux quand les normes dominantes de nos sociétés excluent la flexibilité des salaires.
A la prochaine ...

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