Venant de lire l'essai de J. K. GALBRAIGHT ("Les mensonges de l'économie", éd. Grasset, 2004), je vous livre deux réflexions de cet auteur intéressant la gouvernance des sociétés.
1. Premièrement, relativement à l'entreprise qu'il compare à une bureaucratie (ou management pour le grand public), cet auteur relève qu'octroyer aux propriétaires, aux actionnaires, détenteurs de capital, investisseurs un semblant de rôle dans l'entreprise n'est qu'un mensonge. "Alors que le capitalisme a cédé la place au système "management plus bureaucratie", on monte de toutes pièces un simulacre de puissance pour les propriétaires. C'est de l'escroquerie. Ce mensonge s'accompagne de tout un cérémonial : un conseil d'administration choisi par les directeurs qui leur est entièrement dévoué, mais que l'on considère comme le porte-parole des actionnaires. Les hommes qui le composent, avec la présence nécessaire d'une ou deux femmes, n'ont besoin que d'une connaissance superficielle de l'entreprise. A de rares exceptions près, on peut compter sur eux pour acquiescer. On donne à ces administrateurs des jetons de présence et un peu à manger, et les directeurs les informents régulièrement des décisions prises ou de ce que chacun sait déjà. On postule que le conseil d'administration approuvera tout (...) Pour corroborer cette fiction, les actionnaires sont invités chaque année à une assemblée générale qui, de fait, ressemble à une cérémonie religieuse (...) Nul ne doit en douter : les actionnaires - les propriétaires - et leurs prétendus représentants au conseil d'administration dans toute entreprise de bonne taille sont entièrement sous la coupe des directeurs. On s'efforce de donner l'impression d'une autorité du propriétaire. En fait, elle n'existe pas. Mensonge admis".
2. Deuxièmement, analysant les pouvoirs dans l'entreprise, cet auteur note que : "les mythes de l'autorité de l'investisseur, de l'actionnaire administrateur, les réunions rituelles du conseil d'administration et l'assemblée générale annuelle des actionnaires continuent, mais, pour tout observateur sain d'esprit de la grande société anonyme moderne, la réalité est incontournable. Le pouvoir sur l'entreprise appartient à l'équipe de direction, bureaucratie qui contrôle sa tâche et sa rémunération. Une rémunération qui frise le vol. C'est parfaitement évident".
Sans adhérer pleinement au tableau brossé par J. K. GALBRAIGHT, ces remarques donnent matière à réflexion ... réflexion sur le sens du droit et sur l'état des lieux actuels. Ecrit en 2004, sans doute marqué par les scandales financiers, ce livre dresse un portrait noir de l'économie (venant tout de même d'un économiste de renom ces éléments ne peuvent laisser indifférent) ... Or, la situation actuelle répond-t-elle à cette description ? Au contraire, les règles de gouvernance, la prise de conscience de l'importance de ces dispositions (l'existence de ce blog en témoigne) permettent-elles de remettre en cause ces affirmations ? N'est-ce pas pour arriver à un résultat exactement opposé à celui proposé que les juristes (mais également les économistes et gestionnaires) doivent oeuvrer et travailler ?
A la prochaine ...
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