samedi, novembre 25, 2006

Rapport quand tu nous tiens ... Etat des lieux en 2006

Quelle est la situation des sociétés françaises cotées au CAC40 au regard des informations extra-finanières ?
Environ un tiers des sociétés publie en parallèle à leur rapport annuel, un rapport développement durable. Selon les sociétés, sa dénomination varie (rapport responsabilité sociale, rapport social & environnemental). La consultation des rapports dédiés en ligne est une pratique peu courante en France. En effet, seulement 2 sociétés proposaient, pour le rapport 2004, une version interactive; tendance qui paraît toutefois en hausse.
Le site RSEnews offre un état des lieux au 17 novembre 2006 sous forme de tableau ... Consulter ce document : cliquez ici
L'ACCA (the Association of Chartered Certified Accountants), la plus importante organisation d'experts-comptables dans le monde, décerne au niveau européen les prix des meilleurs rapports environnementaux et de développement durable (European sustainability reporting awards). Les rapports présentés au jury européen ont tous obtenus un prix dans leur pays respectif. L'examen des rapports est effectué par un jury composé d'un représentant pour chaque pays participant. Les critères d'appréciation se divisent en deux catégories : 50% des critères concernent le contenu du rapport (stratégie, indicateurs notamment) ; les 50% restants sont relatifs aux principes de reporting.
Pour consulter le classement 2005 (classement repris dans le site RSEnews) ...
Le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables récompense également les meilleures initiatives des entreprises françaises en matière d'information et de communication sur le développement durable.
Pour consulter le classement 2005 (classement repris dans le site RSEnews) ...
Pour se faire une idée de la situation des sociétés européennes en matière de reporting extra-financier : cliquez ici (source RSEnews)
A la prochaine

Prise en compte du volet social de la RSE dans quelques rapports

Sur le plan social, les rapports sont en nombre moins importants. Pourtant, trois relativement récents peuvent être mentionnés. Premièrement, l'International Labour Office a émis un rapport sur les tendances de l'emploi dans le monde en décembre 2005 ... document pertinent pour se projeter dans une perspective future de RSE. Deuxièmement, en juin 2006, the Business Leaders Initiative on Human Rights propose un retour d'expériences de 10 sociétés concernant la prise en compte des Droits de l'Homme.

Au niveau économique, deux rapports méritent d'être signalés. D'une part, BankTrack & WWF UK nous offre (janvier 2006) une étude portant sur 39 banques dans le monde et montrant les avancées et progrès à accomplir en matière de développement durable. D'autre part, Business in the Community/FTSE/Insight Investment a émis un rapport en décembre 2005 présentant le rôle de la gouvernance d'entreprise dans la RSE et donnant diverses recommandations.

A la prochaine

jeudi, novembre 23, 2006

Corruption et entreprises françaises et autres "nouveautés"

Voici quelques études et rapports sur le volet économique de la RSE ...

1. Transparency international vient de publier un rapport en juillet 2006 : Prévention de la corruption : où en sont les grandes entreprises françaises ? ... Il s'agit d'une synthèse établie à partir des réponses de 24 sociétés.

2. En février 2006, Yachnin & Associates & Sustainable Investment Group ont publié un rapport sur la manière dont le développement durable améliore la performance financière de l'entreprise ... Voir ce document ... Ce document est intéressant pour ceux qui s'intéressent sur le rapport entre performance financière et performance en terme de développement durable !

3. En juillet 2005, KPMG a publié une enquête portant sur les principales tendances en matière de reporting développement durable (1 600 sociétés de premier plan dans le monde dont les 250 premières entreprises classées dans Fortune 500) : International survey of corporate responsibility reporting 2005 ...

A la prochaine

Projet de loi examiné sur la participation et l'actionnariat du salarié

Je signale que l'Assemblée nationale française a examiné, le 11 octobre 2006, un texte relatif au développement de la participation et de l'actionnariat salarié ... N'est-ce pas une nouvelle manifestation de l'importance (du moins, de l'importance que l'on voudrait donner) d'autres personnes que les actionnaires, personnes qui interviennent dans le monde de l'entreprise ? Par la même, n'est-ce pas une illustration de l'appréhension par le droit de la théorie des stackeholders ?
Je vous invite à réfléchir à ces quelques éléments et vous exposerait un peu plus tard le contenu de ce projet.
A la prochaine

Nouvel outil de travail fourni par le GRI et classement américain

Le Global Reporting Initiative vient de mettre en ligne (fin octobre 2006) le G 3 qui constitue un guide de reporting concernant le développement durable. Ce guide est articulé en deux parties :
  • Une concerne les principes et le guide du reporting (part 1)
  • Une concerne les standard de divulgation (part 2)

... Pour plus de détails, il vous suffit de surfer sur le site du GRI pour étudier plus en détails ce document de travail.

Il est intéressant de s'intéresser à la structure du reporting proposée par le GRI pour prendre conscience de la manière dont peut être appréhendé le développement et la manière dont il peut l'être.



Même si cette "news" n'en est pas une, puisqu'elle date de l'été 2006, la revue Business Ethics magazine a publié son classement annuel des 100 meilleures entreprises citoyennes. L'entreprise Green Mountain Coffee Roaster est classée première. Il est à noter que les entreprises innovantes font leur apparition de manière spectaculaire dans le top 10. Par ailleurs, de nouvelles sociétés font leur apparition McGraw-Hill (No. 57), Newcomer Milwaukee-based Johnson Controls (No. 73), Micron Technology (No. 82), ... Il est dommage qu'il n'y est pas d'informations spécifiques sur les entreprises ayant quitté ce classement (Si vous en trouvez, faites-le-moi savoir) !

A la prochaine ...

mercredi, novembre 22, 2006

Un grand plaisir de contribuer à l'actualité française et européenne sur la RSE

Chercheur post-doctoral à la C.D.A.C.I. sur le thème de la RSE et des entreprises cotées et titulaire d’une bourse de recherche Lavoisier, Stéphane me permet de contribuer à son blog en l’alimentant de l’évolution de mes travaux. Ainsi, je vous propose de vous tenir informé de l’actualité (principalement française et européenne) de la RSE en gardant à l’esprit deux choses. D’une part, cette actualité ne se veut en rien exhaustive et ne constitue que des mises à jour qui évoluent à rythme variable. D’autre part, juriste de formation, ces flashs d’actualité se veulent centrer sur les relations du droit et de la RSE.

1. Au rayon « ouvrages » :

M. Balthazard publie un ouvrage centré sur le problème de l’attitude de la puissance publique eu égard au développement durable (Balthazard B. L., 2006, Le développement durable face à la puissance publique, L’Harmattan). De quelle manière l’administration appréhende-t-elle le développement durable ? Comment peut-elle s’adapter ? Quels sont les enjeux d’une telle adaptation ? … Cet écrit offre l’opportunité de traiter de la relation de l’Etat et du développement durable.

L’ADERSE vient de publier (2006) le Tome I d’un ouvrage consacré à la RSE (édition de boeck) : « Responsabilité sociale des entreprises : Pour un nouveau contrat social ». Ce livre est construit en 3 parties : les forces du marché, les aléas et le droit, les difficultés entourant la manipulation et le développement durable. Abordant diverses disciplines approchant la RSE, ce livre offre un aperçu de l’influence de la RSE aujourd’hui.

Les éditions EMS publie un livre intéressant sur « L’entreprise exposée à ses responsabilités élargies » (2005). Ce livre s’articule en 5 parties : le développement durable, la valeur actionnariale, le métier de dirigeant, le management des risques, l’éthique. Ce livre constitue une contribution intéressante à la RSE avec la particularité d’offrir beaucoup de témoignages de professionnels.

Les éditions EMS publient un mélange en l’honneur du professeur R. Pérez (2005) dont le thème est la responsabilité sociale de l’entreprise.

2. Au rayon « articles doctrinaux » :

Quatre articles du professeur Trébulle enrichissent le débat sur le rapport droit et RSE. Le premier concerne l’information environnementale et la place de cette information en droit des sociétés (Droit des sociétés, juillet 2006, p.5). Le deuxième plus large a trait à la notion de citoyenneté d’entreprise et est publié à la Revue des sociétés (RS, 2006, p.41). Le troisième fait un point de la situation du développement durable au regard de l’entreprise (Semaine Juridique, Edition Entreprises, 2006, p.309). Le quatrième traite de ce même problématique (développement durable) en l’appliquant au stricte domaine de la construction (Revue de droit de l’immobilier, 2006, p.71).

Même plus ancien, la Revue française de gestion a réservé un dossier spécial au développement durable : Dossier « Développement durable », Revue française de gestion, septembre/octobre 2004, p.115. Exposant principalement des aspects gestionnaires et stratégiques de la RSE, ce dossier permet d’aborder différents aspects de la RSE sous la forme d’articles relativement concis (une dizaine de pages).

mardi, novembre 21, 2006

Le Rapport Allaire sur les actions subalternes: y-a-t-il un problème

Les sociétés ouvertes canadiennes se démarquent par leur structure de capital-actions qui comporte des actions subalternes, comme le notait un rapport récent du Parlement du Canada:

Over the past 30 years, Canadian companies have made growing use of dual-class share structures in financing their operations. The incidence of superior voting shares in Toronto Stock Exchange (TSX) companies rose from 5% in 1975 to over 15% in 1987. While there are indications that the use of dual-class share structures in Canada has peaked, currently an estimated 20% to 25% of companies listed on the TSX make use of some form of dual-class share structure or special voting rights. In comparison, in the United States, where rules on dual-class shares are much more restrictive and investor opposition is more vocal, just over 2% of companies issue restricted shares.


Au Canada, les actions subalternes se retrouvent dans des entreprises aussi importantes que Bombardier Inc., Magna International Inc., Rogers Communications Inc., Shaw Communications Inc., Alliance Atlantis Communications Inc., Power Corporation, Telus Corporation, Québécor et Onex Corp. Pourquoi les actions subalternes sont-elles si populaires au Canada? Cela est grandement dû au grand nombre de sociétés ouvertes canadiennes qui sont d'origine familiale. En effet, les actions subalternes sont généralement utilisées pour permettre aux fondateurs d'une société de conserver le contrôle de celle-ci, même après l'ouverture du capital à d'autres investisseurs.

La présence d'actions subalternes a toujours suscité un débat dans la littérature en ce qu'elles permettent à des actionnaires d'exercer un contrôle d'une société qui ne reflète pas leur degré d'investissement. (Un exemple récent et controversé de l'utilisation des actions subalternes est Google). Tout de même, l'utilisation des actions subalternes n'est pas pour autant répréhensible. Il suffit de consulter les études empiriques pour prendre la mesure d'un portrait beaucoup plus nuancé.

Probablement en raison du scandale Hollinger, où Conrad Black s'est servi de son contrôle de Hollinger International pour se livrer à des manoeuvres de détournement d'actif, les actions subalternes sont de nouveau sur la sellette au Canada. Le débat est certainement relancé avec la publication d'un rapport de Yvan Allaire pour l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques intitulé Dual-class shares structures in Canada: Review and Proposals., qui s'ajoute aux rapports du Parlement du Canada et de l'organisme Share, ainsi qu'aux travaux de Randall Morck. Le rapport Allaire, le premier rapport de l'Institut depuis sa création il y a maintenant un an, fournit une série de 6 recommandations qui tentent de créer un équilibre entre les avantages et les désavantages des actions subalternes:

1.- Publicly traded companies with a capital structure that includes multiple voting shares should be bound by a "Coattail Provision". In case of a takeover bid, all shareholders should be offered the same terms and conditions.

2.- In the future, the voting multiple should not exceed 4:1. Consequently, a founding shareholder, or his or her descendants, could hold the absolute majority of votes provided they represent at least 20% of the invested voting capital. Shares without voting rights should be prohibited.

3.- Controlling shareholders should elect a percentage of directors that is equivalent to their voting rights, with a cap of 2/3 of the board. The other board members would be elected exclusively by the minority shareholders. The Governance Committee, composed of a majority of independent directors, would propose candidates to be elected by the minority shareholders.

4.- In cases of CEO succession where a descendant or relative of the controlling shareholder is a candidate, the independent members of the Board should draw the profile of skills, experience and expertise sought for the next CEO. The members of the Board and of the Human Resources Committee, along with the controlling shareholder, will review, in light of this profile, the qualities of all candidates. At the following shareholders' annual meeting, the Chairman of the Committee shall describe the process that was adopted to select the new CEO.

5.- If the controlling shareholder has no family member who may play an active role, either on the Board of Directors or in top management, he or she should discuss with the Board the process and timing of transition towards a capital structure with only one class of shares.

Comme nous pouvons le constater, outre la première recommandation qui fait pratiquement déjà partie du droit canadien, le Rapport propose des mesures qui s'immiscent de manière très précise dans la gouvernance des sociétés. Étant donné qu'il est difficile de trancher de manière générale entre les avantages et les inconvénients des actions subalternes, comme le fait d'ailleurs ressortir la revue des études effectuées par Yvan Allaire, il semble que la prudence est de mise avant de se lancer dans des réformes. Je suis loin d'être convaincu qu'au-delà de la divulgation d'information et de l'octroi de protections aux porteurs d'actions subalternes lors d'opérations importantes les affectant, il soit nécessaire de modifier les règles de gouvernance. Après tout, dans un marché efficient, le prix des actions subalternes devrait intégrer les risques d'opportunisme qui découlent d'une telle structure de capital. Les investisseurs, en particulier institutionnels, sont en mesure de sanctionner ou de récompenser les sociétés qui utilisent les actions subalternes.

lundi, novembre 20, 2006

Un nouveau blogueur se joint à Droit des affaires

Il me fait plaisir de vous annoncer que Ivan Tchotourian, chercheur post-doctoral à la Chaire en droit des affaires et du commerce international se joint au blogue à titre de collaborateur régulier. Ivan alimentera le blogue avec ses réflexions et ses trouvailles dans le domaine de la responsabilité sociale des entreprises, domaine qui fait l'objet de ses recherches et de ses écrits actuellement. Formé en France, Ivan s'intéressera particulièrement à ce qui se passe outre Atlantique dans la littérature française et européenne. Bienvenue Ivan!