Dans un ouvrage qu'il vient de publier, Les solitudes du bijuridisme au Canada , mon collègue Jean-François Gaudreault-Desbiens, titulaire de la Chaire sur les identités juridiques et culturelles nord-américaines et comparé, jette un regard fascinant sur le bijrudisme. Son ouvrage dense suscite de nombreuses réflexions sur une des particularités du droit canadian (ou québécois, selon), à savoir sa dualité juridique. On peut avoir un aperçu du volume en lisant la quatrième de couverture ici.
Pour les lecteurs de ce blogue, le volume mérite une attention en raison des développements consacrés au mouvement des legal origins ou de la thèse juridico-financière qui insiste sur "l'infériorité" du droit civil vis à vis de la common law. On se rappellera à cet égard que cette thèse a exercé une forte influence sur le rapport Doing Business qui critiquait sévèrement le système français civiliste. Le Pr Gaudreault-Desbiens présente une critique intelligente, quoique sévère, de cette thèse, à la fois dans une perspective théorique et empirique. Il insiste, à juste titre, sur la nécessité d'enrichir cette théorie qui prend parfois des allures trop simplistes et qui confond corrélation avec causalité. Le débat sur cette question n'est certes pas clos. Cet ouvrage y contribue de manière remarquable. À lire avec l'article de Marc Roe intitulé Legal Origins and Modern Stock Markets à paraître dans le Harvard Law Review.
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