jeudi, mars 05, 2009

Manifestation scientifique en vue

L'Institut de l'entreprise organise le colloque suivant : De la crise financière à la crise économique : les relations étroites entre finance et économie. Cecolloque aura lieu le lundi 9 mars 2009 de 8 h 30 à 18 h au Palais du Luxembourg.
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Les dirigeants de Merrill Lynch auraient-ils touché trop d'argent ?

Wall Street Journal, 4 mars 2009 - La banque d'affaires américaine Merrill Lynch a versé au total quelque 209 millions de dollars à ses 10 dirigeants les mieux payés en 2008, alors que l'établissement a essuyé 27,6 milliards de dollars de pertes sur l'année, affirme mercredi le Wall Street Journal. Onze dirigeants de la banque ont touché chacun plus de 10 millions de dollars en numéraire et actions, et 149 autres ont reçu plus de 3 millions, précise le quotidien financier, citant des sources proches du dossier. Le patron de la banque d'affaire du groupe, Andrea Orcel, a ainsi reçu 33,8 millions de dollars sur l'année, ajoute le journal, qui souligne que la majeure partie de ces rémunérations est constituée de bonus, les salaires des dirigeants étant "généralement compris entre 200.000 et 750.000 dollars". Le chef des ventes mondiales de la banque, Thomas Montag, a quant à lui reçu 39,4 millions de dollars en 2008, "alors qu'il n'a commencé à travailler (chez Merrill) qu'en août" et "qu'il avait déjà reçu 50 millions en actions pour compenser son départ de son ancien employeur Goldman Sachs", observe le Wall Street Journal.

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Vers un contrôle des agences de notation en Europe

Le Devoir.com, 4 mars 2009 - Les pays européens sont tombés d'accord hier pour introduire pour la première fois un contrôle des agences de notation pouvant aller, en cas d'infraction, jusqu'à l'interdiction d'exercer ou des pénalités financières, selon des sources diplomatiques.

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La liste noire de l'AMF sur le marché Euronext

Autorité des Marchés Financiers, 16 février 2009 - L’Autorité des marchés financiers vient de publier la liste des sociétés françaises cotées sur Euronext n’ayant pas rempli leur obligation de publication du rapport sur les procédures de contrôle interne et le gouvernement d'entreprise (ici).

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Le cadre prudentiel des marchés financiers de l'UE en pleine mutation

Bruxelles, 26 janvier 2009 - La Commission européenne a adopté un ensemble de décisions visant à renforcer le cadre prudentiel des marchés financiers de l’UE, afin d’améliorer la coopération et la convergence en matière de surveillance entre les États membres et de mieux garantir la stabilité financière. Les nouvelles règles prévoient que les trois comités qui surveillent respectivement le secteur des marchés de valeurs mobilières, le secteur bancaire et le secteur des assurances seront dotés d’un cadre opérationnel plus clair et de mécanismes de décision plus efficaces. De plus, la Commission propose que ces comités, ainsi que les principaux organismes associés à l’élaboration des normes d’information financière et de contrôle des comptes à l’échelon de l’UE et à l’échelon international bénéficient d’un soutien financier au titre du budget de l’UE afin de pouvoir réaliser leurs objectifs le plus rapidement et le plus efficacement possible. La proposition de concours financier est à présent soumise à l’examen du Conseil et du Parlement européen.

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Précisions de l'ANSA

Le Comité juridique de l'Association Nationale des Sociétés par Actions (A.N.S.A.) vient de publier les communications suivantes :
  • Comité d'audit : dérogations entrée en vigueur ;
  • Protection des droits des porteurs de valeurs mobilières donnant accès au capital en cas de création de certaines actions de préférence ;
  • Déclaration des opérations des dirigeants sur les titres cotées de la société et PEE.
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La France servirait-elle de modèle aux européens ?

Je signale à nos lectrices et nos lecteurs cette information provenant du blogue de la responsabilité globale (ici) : Fin 2008, le Parlement danois a adopté une nouvelle loi obligeant les entreprises cotées, les entreprises publiques et les investisseurs institutionnels d'inclure des informations sociales et environnementales dans leurs rapports annuels de gestion. S'inspirant notamment de la loi NRE en France qui contient la même obligation pour les entreprises cotées, la loi danoise fait également référence au Global Compact et précise que les entreprises signataires de celui-ci peuvent se contenter à renvoyer dans leur rapport annuel de gestion vers la communication sur le progrès établie dans le cadre du Global Compact.

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lundi, mars 02, 2009

Scandale Norbourg: une peine exemplaire à Vincent Lacroix s'impose

Le 27 février dernier, la Cour d’appel a entendu les pourvois interjetés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et Vincent Lacroix dans le cadre du scandale Norbourg. Ces pourvois constituent un nouveau chapitre de ce scandale. Au tournant de 2008, Vincent Lacroix a été trouvé coupable de 51 chefs d’accusations concernant des infractions à la Loi sur les valeurs mobilières, ce qui lui a valu une peine de 12 ans moins un jour d’emprisonnement et une amende de 255 000$ (voir ici). Cette peine d’incarcération constituait la peine la plus sévère au Canada pour des infractions provinciales en matière de valeurs mobilières. Cette décision a été renversée en partie par la Cour supérieure qui réduit la peine d’emprisonnement à 8 ans et demi moins un jour. La Cour d’appel doit maintenant statuer sur des questions interpellant le rôle des infractions réglementaires en matière de valeurs mobilières et les principes de détermination de la peine.


Infractions réglementaires et protection des investisseurs

L’objectif classique du droit des valeurs mobilières est de protéger les investisseurs. Des fermiers crédules du Kansas au début du XXième siècle achetant des portions de ciel bleu aux épargnants ayant succombé aux rendements mirobolants que faisaient miroiter Bernard Madoff, l’expérience démontre que la réglementation est nécessaire pour prévenir la fraude et les abus.


Les infractions pénales constituent un type d’instruments pour protéger les investisseurs. Ces infractions incitent au respect de la réglementation et découragent les formes préjudiciables de conduite. Elles visent également à promouvoir l’efficience. Lorsque les droits des investisseurs sont bien protégés, la confiance est au rendez-vous, ce qui se traduit par un coût de financement moindre pour les entreprises.


En somme, les infractions réglementaires jouent un rôle dans l’encadrement du marché des valeurs mobilières. L’enjeu dans le dossier Lacroix consiste à s’assurer que les tribunaux donnent un sens à l’objectif de protection des investisseurs les sous-tendant.


Les principes de détermination de la peine

De nombreuses critiques ont déploré la sévérité insuffisante des peines imposées au Canada lors d’infractions reliées aux marchés financiers. Pour certains, ce laxisme reflète la perception que les « crimes économiques » sont moins répréhensibles que les crimes contre les personnes. Pourtant, les fraudes ont des effets dévastateurs dans la vie des victimes comme l’ont tristement démontré les reportages concernant les investisseurs floués par Vincent Lacroix. En outre, les fraudes causent un tort important en minant la confiance des investisseurs comme en témoignent les répercussions du scandale Norbourg dans l’industrie des fonds d’investissement québécois.


Dans la détermination de la peine, les objectifs de dissuasion et de dénonciation sont prépondérants. Dans l’arrêt Cartaway Resources, la Cour suprême a reconnu que la dissuasion jouait un rôle dans la réglementation des marchés financiers : « il se peut fort bien que la réglementation des comportements sur les marchés ne donne des résultats valables que si les commissions des valeurs mobilières infligent après coup des peines qui dissuadent les participants au marché prudents de se livrer à de tels actes fautifs ». La peine doit être suffisamment sévère pour qu’elle ne constitue pas simplement un « coût d’opération » pour le contrevenant. La dénonciation met en exergue la gravité des infractions commises. Elle vise à lancer un signal quant au caractère répréhensible des actes commis de manière à assurer l’intégrité des marchés.


Pour le maintien de la peine imposée en première instance

En première instance, le Juge Leblond a imposé une peine exemplaire. En appel, le Juge Vincent a reconnu que, pour ce faire, il « a fait appel aux principes légitimes de détermination avant de fixer un terme qui reflète la gravité de l’infraction et la culpabilité morale ». Il a toutefois estimé que la peine était exagérée dans le contexte d’une loi pénale provinciale.


Cette affaire soulève des questions importantes. La Cour d’appel aura à préciser s’il est opportun de limiter la portée des peines découlant des infractions à la Loi sur les valeurs mobilières par ce qu’il s’agit d’une législation provinciale, ce qui minimiserait la gravité des comportements à réprimer. De même, la Cour sera invitée à clarifier si l’imposition de peines consécutives lors d’infractions provinciales multiples respecte les principes de détermination de la peine ou s’il faut imposer des peines concurrentes. Si la seconde option devait prévaloir, la nature dissuasive des infractions en valeurs mobilières s’en trouverait grandement affectée puisque le nombre d’infractions commises par un contrevenant aurait peu d’incidence sur la peine. Souhaitons qu’en répondant à ces questions, la Cour d’appel rétablisse la peine imposée par le Juge Leblond.