vendredi, novembre 09, 2007

Crise des prêts hypothécaires à risque: révélateur de la qualité de la gouvernance?

Les suites de la crise des prêts hypothécaires à risque chez Citigroup et Merrill Lynch laissent perplexes les observateurs intéressés à la gouvernance. Il y a quelques jours, je m'interrogeais, comme d'autres, sur la surveillance des chefs de la direction par les administrateurs. Aujourd'hui, le Wall Street Journal (voir ici) souligne une autre lacune potentielle des conseils d'administration de ces institutions financières: l'absence de préparation à trouver une relève.


The dual dramas at Citigroup and Merrill underscore how unprepared much of Wall Street has been for the management shake-ups that have accompanied the credit-market turmoil. The boards at both companies were left scrambling to name even interim leaders to replace them.


Les pratiques exemplaires exigent depuis longtemps que les conseils prévoient une relève au chef de la direction. Évidemment, passer de la théorie à la pratique est toujours complexe et il serait injuste de s'attendre à ce que ces institutions se retrouvent du jour au lendemain avec un nouveau chef de la direction. Cependant, les conseils devraient avoir des processus en place pour mener à la nomination d'un chef de la direction intérimaire et encadrer la recherche d'un successeur.

jeudi, novembre 08, 2007

Crise des prêts hypothécaires à risque: rôle et responsabilité des administrateurs

Stanley O'Neal de Merrill Lynch "a pris sa retraite" dans la foulée de la crise de prêts hypothécaires à risque qui secoue la vénérable institution, comme bien d'autres. Dans un article très intéressant du NY Times (voir ici), on pose toutefois à juste titre la question de l'imputabilité des administrateurs de Merrill Lynch. Au-delà de la responsabilité du chef de la direction, il est en effet pertinent de s'interroger sur le rôle des administrateurs dans ce contexte. L'article résume la question ainsi:
Underlying the situation at Merrill is the nagging question of what a Wall Street board is expected to know about complex financial markets where asset values can shift drastically and where many directors are not in the business of managing trillion-dollar balance sheets — or perhaps have little experience in doing so.
Autrement dit, quelle est la portée de l'obligation de surveillance (si elle existe) des administrateurs dans ce contexte. Est-il légitime de se demande "Where were the directors?".
La question est en voie de devenir d'une grande actualité, au-delà même du cas de Merrill Lynch, alors que le Wall Street Journal annonce qu'une poursuite a été intentée contre le chef de la direction et les administrateurs de Citigroup dans un contexte similaire (voir ici).

mardi, novembre 06, 2007

L'attitude des administrateurs vis-à-vis des parties prenantes: une étude empirique

L'équipe du Professeur Ramsay de l'Université de Melbourne continue de produire des travaux de qualité. Cette fois-ci, elle s'intéresse au débat entre la norme de la primauté des actionnaires et la théorie des parties prenantes, qu'elle aborde d'un point de vue empirique dans un document de travail intitulé "Company Directors' Views Regarding Stakeholders".

Voici le résumé de l'étude disponible intégralement sur SSRN ici:

This research report provides detailed analysis of data collected from a major survey into how company directors balance the competing and sometimes conflicting interests of stakeholder groups, including employees, creditors and shareholders. The findings have significant policy implications. The obligations of directors toward company stakeholders and whether the law of directors' duties needs to be changed have been the subject of much public debate. There have been government inquiries on this topic in a number of countries. However, there has been little empirical evidence of directors' attitudes and business practice.


The survey tested directors' understanding of their obligations under the law and their priorities in relation to stakeholders using simple ranking exercises and a more sophisticated 'salience' test in order to gain a more nuanced understanding of the extent to which directors prioritise particular interests. The survey revealed results which suggest that directors do not adhere to a simple 'shareholder primacy' corporate strategy.

Le débat sur une commission unique des valeurs mobilières: une réplique québécoise

Les professeurs Jean-Marc Suret et Cécile Carpentier ont publié récemment une excellente étude sur l'opportunité d'une commission unique des valeurs mobilières au Canada. Commandée par l'Autorité des marchés financiers, l'étude aborde les principaux arguments mis de l'avant par les tenants d'une commission unique. En outre, elle traite d'enjeux d'une grande actualité pour la réglementation des marchés financiers canadiens. L'étude, intitulée Proposition de commission unique: commentaires et discussion, est disponible ici.