samedi, décembre 16, 2006

Nouveaux ouvrages : CSR et Corporate governance

Bonjour à tous en ce samedi matin ensoleillé à Montréal, j'informe l'assistance de la sortie de trois ouvrages (anglo-saxons et américains) liés à la gouvernance et à la responsabilité sociale des entreprises :

1. "Corporate Governance", Kim. A. K. et Nosfinger J. R., 2ème édition, PEARSON : Prentice Hall, 2006

2. "Corporate Social Responsibility : Reconciling Aspiration with Application", Kakabadse A. et Morsing M., European Academy of Business in Society, 2006

3. "Corporate Social Responsability : The Corporate Governance of the 21st Century", Mullerat R., Kluwer Law International, 2006

Un peu de patience (!) et je vous livrerai mon sentiment sur ces livres (je n'ai pas encore eu le temps d'en terminer la lecture) ...

A la prochaine ...

vendredi, décembre 15, 2006

Le dictionnaire de l'autre économie

Bonjour, à tous ceux qui s'intéressent aux problématiques de responsabilité sociale des entreprises, d'éthique économique, d'entreprise sociale ou solidaire, de développement durable, de commerce équitable, d'altermondialisation ... je signale la sortie du "Dictionnaire de l'autre économie", Folio, 2006.
Abordant des thèmes en lien (direct ou indirect) avec l'économie, cet ouvrage propose des définitions de concepts qui se retrouvent aujourd'hui sur la scène médiatique sans qu'ils donnent lieu à des développements conséquents dans les ouvrages académiques. Construit autour d'un point de vue d'auteur exposé en quelques pages et agrémenté d'une bibliographie sélective, je vous conseille ce dictionnaire quand le besoin se fait sentir de clarifier certaines notions spécifiques.
A la prochaine ...

5ème édition de la semaine du développement durable

Je signale qu'aura lieu en France du 1er au 7 avril 2007, la cinquième édition de la Semaine du développement durable pilotée par le ministère de l’écologie et du développement durable.
A la prochaine ...

Entreprise et économiste : propos impertinents

Pour un article qui donne à réfléchir sur le rapport entre entreprise et économistes, je renvoie à l'écrit de monsieur Philippe NASZALYI "L'entreprise est une chose trop sérieuse pour être confiée à des économistes ?" dans la Revue des Sciences de Gestion de mai - juin 2006. Cet éditorial rappelle qu'aujourd'hui que l'entreprise se trouve au coeur de nombre de disciplines : sociologie, psychologie, gestion et droit ... Cette notion d'entreprise n'est donc pas réservé aux seuls et uniques économistes.
A la prochaine ...

RSE, Développement durable et emploi ... et l'Europe

1. L'Union européenne a publié son 18ème rapport sur l'emploi en Europe qui comprend cinq chapitres illustrant chacun des tendances actuelles ou des questions d'actualité présentant un intérêt pour les marchés du travail en Europe. Parmi les principaux thèmes figurent l'évaluation des politiques actives du marché de l'emploi, le lien entre le capital humain, l'évolution technologique et la croissance économique, la flexicurité, ainsi que la mobilité géographique dans l'UE. Ce document est intéressant pour constater les évolutions de l'emploi, d'autant qu'Il ne faut pas oublier que la dimension sociale de la RSE doit être prise en compte ... Voir ce document
2. Par ailleurs, la Commission européenne a lancé le 22 novembre 2006 un vaste débat ouvert et public sur la révision du droit du travail et son adaptation au monde du travail moderne. Dans un document de discussion, il sera demandé aux États membres, partenaires sociaux et autres parties prenantes, comment le droit du travail au niveau de l'UE et au niveau national peut contribuer à rendre le marché du travail plus flexible tout en assurant aux travailleurs une sécurité maximale. Cette consultation durera quatre mois et ses résultats alimenteront la communication de la Commission sur la flexicurité prévue pour juin 2007. Accéder au dossier
A la prochaine ...

Administrateur et gouvernance : actualités de l'IFA

L'Institut Français des Administrateurs (IFA) a publié sa lettre du 26 novembre 2006 consacrée à l'actualité de la gouvernance (gouvernance et éthique, PME-PMI, pratiques des comités d'audit). Pour accéder à ce document

De plus, l'IFA a publié le 6 décembre 2006 sa "Synthèse de l'actualité du gouvernement d'entreprise", n° 71 (15/11/06 au 29/11/06). Pour accéder à ce document
A la prochaine ...

jeudi, décembre 14, 2006

Un peu de comptabilité dans un monde de gouvernance ...

(Traduction personnelle) La Fédération des Experts Comptables Européens a animé une conférence le 7 décembre 2006 qui avait pour thème l'apport du reporting financier sur la durabilité financière et la transparence. La conférence a permis de partager et d'échanger des points de vue sur les stakehoders en Europe et outre-Atlantique.
La conférence est organisée autour de deux thèmes : le premier a trait au "faire value" et le deuxième concerne l'utilisation d'internet dans le rapport financier

Voir les travaux

A la prochaine ...

Gouvernance et transparence : Comparaison France et Etats-Unis

Je signale cet article du Professeur Pierre-Yves Gomez (Nouvel économiste, 5 au 11 octobre 2006) intitulé "L’exemplarité de la transparence".
Cet auteur constate que les directeurs américains qui démissionnent doivent motiver cet acte et s'expliquer sur la place publique, ce qui n'est pas le cas en France (lorsqu'ils démissionnent) même si l'Institut Français des Administrateurs recommande de le faire. Deux explications sont proposées à cette tendance : une bienveillance à l'égard du culte du secret et une faible responsabilisation des administrateurs français.
A la prochaine ...

Rapport de Business for social responsability sur le marché de l'environnement

Business for social responsability Juillet 2006 - BSR a publié une nouvelle étude "Environmental Markets: Opportunities & Risks for business". Cette étude est destinée à aider les entreprises à évaluer les risques et les opportunités du marché du carbone, de la qualité de l'eau et de la biodiversité.
A la prochaine ...

Social et entreprise : un dialogue ...

L'Institut de l'entreprise a publié, les 26 et 27 octobre 2006, 20 études de cas issues des travaux menés par la commission Dialogue social et progrès social dans l'entreprise. Réalisées puis présentées conjointement par des enseignants et des cadres d'entreprise, ces études de cas, consacrées à des entreprises grandes et moyennes implantées en France, visent à éclairer concrètement les modalités et les enjeux du dialogue social dans l'entreprise.
L'aspect social ne doit pas être négligé dans l'appréhension du développement durable et de la RSE ... ces documents permettant non seulement de rappeler cet élémant, mais encore de fournir des illustrations pratiques intéressantes.
Les cas sont les suivants :
  • Accenture : La diversité, outil de progrès social
  • Areva : La gestion des métiers chez Areva
  • BNP Paribas : Le développement de l’épargne salariale chez BNP Paribas
  • EDF : L’accord mondial sur la RSE de janvier 2005
  • Favi : Le dialogue social institutionnalisé dans une PME
  • France Télécom : Mutations de l’entreprise et impacts sur le dialogue social
  • Gaz de France : L’accompagnement social de l’évolution de la fonction clientèle
  • IBM France : Une « révolution culturelle » : des conflits au dialogue social ? l’accord GPEC
  • Lafarge : Le Comité d’Entreprise Européen, outil du dialogue social ?
  • Laiterie St Denis de l’Hôtel : Les particularités du dialogue social dans une PME
  • Peduzzi Bâtiment : Dialogue social et sécurité au travail
  • RATP : La politique de concertation mise en œuvre pour améliorer la continuité de service
  • Sanofi-Aventis : Le dialogue social dans le cadre d’un rapprochement entre deux groupes
  • SNCF : Le dialogue social mené par le management dans le cadre d'un projet de transformation
  • STMicroélectronics : Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences sur le site de Rousset
  • Suez : De Metaleurop à Sita Agora
  • Groupe Total : L’expérience de la négociation européenne chez Total
  • Veolia Environnement : Négociation pour la reprise et la relance de la SNCM
  • Vinci : La sécurité et le dialogue social
A la prochaine ...

mercredi, décembre 13, 2006

Outil de l'OCDE

OCDE 24 novembre 2006 - Les entreprises multinationales qui investissent dans des pays où la puissance publique est inefficace ou incapable d’exercer ses missions doivent prendre en compte un large éventail de risques et de dilemmes éthiques auxquels elles ne sont généralement pas confrontées ailleurs. Pour les aider, l’OCDE a élaboré un outil de sensibilisation au risque destiné aux entreprises multinationales opérant dans les zones à déficit de gouvernance.
A la prochaine ...

Actualités de l'IDDRI : environnement et développement durable

Juillet 2006 - L'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) publie un article de Sheila Wertz-Kanounnikoff « Payments for environmental services – A solution for biodiversity conservation? ».
Résumé (empunté à l'IDDRI) : Les paiements directs pour les services environnementaux (PSE) sont de plus en plus utilisés dans la coopération. En évaluant l’impact économique, social et environnemental des expériences existantes dans le domaine de la biodiversité, le document conclut que les PSE peuvent être un outil efficace pour internaliser des valeurs d’usages indirectes des écosystèmes.
Juillet-août 2006 - L'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) a publié un entretien de son président (Daniel Lebègue) sur le thème : « Le développement durable a gagné la bataille des idées, il reste à le traduire en actes ».
Pour consulter cet entretien

Découvrir l'IDDRI : Cliquez

A la prochaine ...

Praticiens du droit et RSE : guide européen disponible

Même si cette information n'est pas à proprement parler récente, elle mérite d'être signalée. Le Conseil des barreaux de l'union européenne (CCBE), a réalisé un guide sur la RSE en septembre 2003, intitulé "La responsabilité sociale des entreprises et le rôle de la profession d'avocat". En expliquant pourquoi l'entreprise doit inscrire la RSE à l'ordre de ses priorités, ce guide explique "que fournir des conseils en matière de RSE devrait devenir une tâche quotidienne pour les avocats consultants d'entreprises" puisque "même les approches volontaires de la RSE ont un contexte légal".
Ce guide me paraît être un outil de travail intéressant pour les avocats et, les praticiens du droit en général, permettant de mieux appréhender la notion de RSE. Ce rapport apporte des éclaircissements sur plusieurs points relatifs à la RSE : évolution du concept, risques pour l'entreprise, normes de la RSE, triple approche ...
A la prochaine ...

mardi, décembre 12, 2006

Normes comptables non communautaires et marchés boursiers de l'UE

Bruxelles, 6 décembre 2006 - À la suite d’un vote au sein du Comité européen des valeurs mobilières et de l’approbation sans réserve du Parlement européen le 24 octobre 2006, la Commission européenne a adopté des mesures prolongeant de deux ans l’exemption transitoire accordée aux sociétés étrangères qui présentent des états financiers établis conformément à des normes comptables nationales pour l’émission de valeurs mobilières sur les marchés boursiers de l’UE. Une décision sur l’équivalence entre les principes comptables généralement admis (GAAP) des pays tiers et les normes internationales d’information financière (IFRS) devrait être adoptée avant la fin de 2009.
La décision prise par la Commission sur l’équivalence des GAAP des pays tiers permettra de poursuivre activement les travaux avec les autorités des pays tiers en vue de supprimer l’obligation faite aux émetteurs de l’UE de s’aligner sur les normes comptables étrangères.
La Commission américaine des opérations de bourse (Securities and Exchange Commission, SEC) a réitéré son engagement ferme et sans équivoque d’œuvrer à la suppression de l’obligation de rapprochement entre les IFRS et les GAAP américains, et a publié une feuille de route en vue d’atteindre cet objectif d’ici 2009. En décidant de reporter la décision sur l’équivalence, l’UE aligne donc son calendrier sur celui de la SEC. Cela permettra aux autorités américaines et de l’UE de travailler en parallèle à des objectifs communs.
Cette décision préserve également l’attrait des marchés des capitaux de l’Union européenne pendant que les travaux sur la convergence se poursuivent.
Les mesures approuvées par le Comité européen des valeurs mobilières consistent en un règlement de la Commission modifiant le règlement n° 809/2004 de la Commission mettant en œuvre la directive sur les prospectus, et en une décision de la Commission en application de la directive sur la transparence (2004/109/CE).

En vertu de ces mesures, les émetteurs de pays tiers ne sont pas soumis à l’obligation de retraitement jusqu’au 31 décembre 2008 si :

  • l’information financière contient une déclaration explicite et sans réserve de conformité avec les IFRS
  • l’information financière est établie conformément aux GAAP canadiens, aux GAAP japonais ou aux GAAP américains
  • l’information financière est établie sur la base de GAAP d’un pays tiers et les conditions suivantes sont remplies : les autorités du pays tiers responsables de ces GAAP ont pris publiquement l’engagement d’assurer leur convergence avec les IFRS, et ces autorités ont établi un programme de travail qui indique que des progrès ont été faits en direction de la convergence avant le 31 décembre 2008, et l’émetteur établit de façon satisfaisante devant les autorités compétentes que les conditions visées aux deux tirets précédents ont été remplies.

Les mesures exigent également que les services de la Commission adoptent, par la procédure de comitologie, une définition de l’équivalence et un mécanisme d’équivalence avant le 1er janvier 2008.

Voir le communiqué de presse

A la prochaine ...

RSE et Chine : Publication d'une étude l'ORSE

Ocobre 2006 - L'Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises et CSR Europe publient ensemble la première étude sur la RSE en Chine. Cette initiative fait écho à la conférence organisée par l’ORSE le 14 février 2006 sur ce thème de la RSE en Chine au cours de laquelle de nombreux acteurs clés sont intervenus : CSR Europe, Business for social Responsibility, Amnesty International, la FIDH, la CISL ainsi que le PNUE. Cette étude se propose de mettre en contexte la RSE en Chine, de décrire le cadre légal et normatif de la RSE en Chine et de présenter quelques parties prenantes et certaines de leurs initiatives. L’objectif est le suivant : aider tous ceux qui veulent investir en Chine mais qui s’interrogent sur la manière dont ils peuvent concilier les impératifs de performance et les différents enjeux du développement durable.
Le plan de ce travail s'articule en trois parties : 1. une mise en contexte de la RSE (enjeux, historique, particuarités chinoises), 2. Cadre légal et normatif de la RSE (cadre juridique et programmes internationaux), 3. Parties prenantes et initiaives RSE en Chine (moyens d'actions, acteurs de l'environnement, conditions des travailleurs et Droits de l'homme, santé, éducation et lutte contre la pauvreté).
A la prochaine ...

Forum des entreprises française et du développement durable : Quel bilan ?

D’octobre 2005 à avril 2006, sept rencontres mensuelles se sont tenues dans le cadre du Forum des entreprises et du développement durable. Centrées sur le développement durable, ces rencontres ont réuni aux décideurs publics, aux membres de réseaux associatifs, aux responsables administratifs impliqués et aux représentants du secteur privé en fonction de leur responsabilité et de leur expérience.
Chaque rencontre était encadrée par Madame Nelly OLIN, ministre de l’écologie et du développement durable, et une synthèse des débats réalisée par Monsieur Christian BRODHAG, Délégué Interministériel au Développement Durable.
Vous trouverez en lien les dossiers de chaque rencontre, les extraits des débats et des liens utiles thématiques :
A la prochaine ...

Investissement responsable en France : statistiques

Selon une étude publiée par Eurosif en 2006, l’encours total des fonds disponibles sur le marché français serait de 8,2 milliards d’euros fin 2005 contre 30,5 milliards d’euros au Royaume-Uni, leader en Europe. L’encours français comble son retard rapidement puisqu’il a progressé de 92 % depuis 2003 contre 36 % pour les fonds européens.
Les fonds institutionnels, comme le Fond de réserve des retraites, ont des objectifs à long terme qui correspondent aux valeurs du développement durable. Ils représentent des masses importantes qui s’orientent progressivement vers l’ISR.
Il est à noter que le développement de l’ISR est l’un des objectifs de la Stratégie nationale de développement durable.
Pour plus de détails, voir le dossier du Ministère de l'écologie : Dossier
A la prochaine ...

La Rapport Droit de vote et citoyenneté dans l'entreprise ouverte

L'Intitut sur la gouvernance des organisations publiques et privées vient de faire paraître un second énoncé de politique relativement au droit de vote des actionnaires. Cet énoncé, Droit de vote et citoyenneté dans l'entreprise ouverte: une proposition, vise à encadrer le droit de voter des actionnaires, en le limitant à des conditions de détention temporelles.

Le point de départ de cet énoncé, que l'on peut lire ici est le suivant:

En cette ère d’investisseurs à court terme, de spéculateurs au jour le jour et de fonds de couverture, il devient discutable d’accorder à ces investisseurs de passage les pleins droits de « citoyenneté d’entreprise », y compris le droit de vote, dès l’acquisition d’actions. L’équivalent démocratique de cette pratique consisterait à donner le droit de vote à quiconque se trouve au pays un jour d’élection (touristes, gens en voyage d’affaires, etc.). Toute démocratie impose un délai minimal avant qu’un nouvel arrivant puisse acquérir les pleins droits de citoyenneté, tout particulièrement le droit de voter.

L'Institut formule donc la recommandation suivante: "Il est temps d'imposer une période minimale (disons une année) aux actionnaires avant qu'ils puissent exercer leur droit de vote". À un niveau général, on doit reconnaître ques les "investisseurs de passage", tels que les fonds de converture, exercent une influence sur la gouvernance des sociétés qui crée un malaise certain, en raison de leur horizon d'investissement à court terme. Cependant, je doute que l'approche préconisée par l'IGOPP soit la bonne. En effet, je vois plusieurs problèmes liés à cette proposition. Parmi les problèmes les plus flagrants:

Premièrement, la notion de démocratie, fort attirante, s'applique mal au contexte des sociétés ouvertes. Au-delà même des questions philosophiques, se retrouve une réalité qui heurte la notion de démocratie: le nombre de votes que détiennent les actionnaires varie. Les actionnaires ont un poids différent lorsqu'ils se présentent à l'assemblée pour voter. De plus, ce poids est tributaire de leur richesse, puisqu'il découle de leur capacité financière à acheter les titres. Il me semble que cette situation rend périlleuse toute analogie avec le système démocratique, tel qu'on le connaît.

Deuxièmement, le rôle des marchés financiers est notamment de créer de la liquidité. C'est cette liquidité qui permet les entrées et sorties dans le capital des sociétés ouvertes. Il est donc inhérent aux marchés financiers efficaces que nous retrouvions des investisseurs de passage. Et de fait, ceux-ci contribuent à créer de la liquidité, ce qui est bénéfique pour tous les investisseurs.

Troisièmement, il n'est pas simple de dissocier le droit de vote de l'intérêt économique, comme le propose l'IGOPP. D'un point de vue strictement légal, cette dissociation risque d'aller à l'encontre du principe de l'égalité de traitement qui exige que tous les actionnaires aient les mêmes droits lorsqu'ils détiennent des titres d'une même catégorie. Le principe de l'égalité de traitement vise à protéger les actionnaires minoritaires; souhaitons-nous vraiment le battre en brèche? D'un point de vue pratique, cette proposition n'empêcherait pas les détenteurs d'actions provisoirement non votantes de solliciter des procurations en vue d'une assemblée d'actionnaires. À moins que l'IGOPP souhaite également interdire la sollicitation de procurations, les investisseurs de passage continueront de pouvoir influer sur la prise de décision en assemblée. En outre, ils pourront toujours se servir des produits dérivés pour emprunter des votes qui appartiennent à un actionnaire ayant atteint la durée de détention voulue.

La solution aux problèmes soulevés par les investisseurs de passage réside donc ailleurs à mon avis. Elle se trouve en bout de ligne dans la reconnaissance et le respect de l'autorité décisionnelle du conseil d'administration. À cet égard, il faut souligner que des décisions récentes des tribunaux ont rappeler l'importance de l'autorité décisionnelle du conseil et la nécessité de la respecter, par l'entremise de l'application de la règle de l'appréciation commerciale. Par ailleurs, il faut noter que la solution appartient aussi aux administrateurs et aux dirigeants qui doivent aller à l'offensive et ne pas se contenter uniquement de réagir aux pressions des investissseurs de passage, lorsque leurs propositions ne contribuent pas à maximiser la valeur de la société.

lundi, décembre 11, 2006

Affaire Rankin: l'OSC en appel

L'OSC a décidé d'en appeler de la décision du Juge Nordheimer renversant la condamnation de Andrew Rankin pour avoir commis des infractions en communiquant de l'information privilégiée à Daniel Duic. Il s'agit d'une bonne nouvelle. La réputation du Canada en matière d'application des sanctions aux délits d'initiés est peu reluisante et la décision du Juge Nordheimer ne faisait rien pour améliorer les choses. On peut consulter les motifs d'appel ici.

Actualités en ce lundi : news de part et d'autre

1. Traduisant la préoccupation du monde du travail quant à la RSE, un article récent de la Confédération Européenne Syndicale souligne l'importance de la réunion de suivi du Forum Multistakeholders sur la RSE qui serait "la dernière chance de créer une approche équilibrée sur la RSE en Europe". Cliquez ici
2. Building Design and Construction a publié un rapport "Green Buildings and the Bottom Line", 64 pages consacrées aux coûts dinanciers et aux bénéfices de construction répondant aux critères de l'environnement durable. Pour accéder au communiqué de presse : un clic est c'est parti !
3. Lire une interview de Christine Renner (Executive Assistant to the CEO of First Affirmative Financial Network. A graduate of Colorado College with a degree in Economics, Ms. Renner has worked for The Nature Conservancy, directed a Fair Trade Coffee Co-op, and worked on Salt Lake City's e2 Business Program designed to attract and encourage economically and environmentally sustainable businesses) à propos de l'investissement durable et responsable : une transformation de l'économie mondiale (Conférence annuelle de SRI in the Rockies à Colorado Springs, Colorado).
4. Nous avions consacré il y a quelques temps un article à l'actualité européenne en matière de travail décent, l'OIT salue cette initiative dans un communiqué de presse du 5 deécembre 2006. Voir le communiqué
5. L’ISO (Organisation internationale de normalisation) et le Bureau du Pacte mondial des Nations Unies (UNGCO) ont signé un Protocole d’accord (MoU) en vue de renforcer leur coopération pour l’élaboration de la future norme ISO 26000 qui donnera des lignes directrices sur la responsabilité sociétale (RS). Accéder à l'article
A la prochaine ...

Lettre de l'AFGE : court terme, offre publique, A.G., féminisation ...

Dans sa lettre d'information d'octobre 2006, l'Association Française du Gouvernement d'Entrprise fournit des éléments d'information concernant le gouvernement d'entreprise en France et en Europe.
1. Premièrement, l'AFGE recommande d'agir sur le long terme à propos de la gouvernance des entreprises. Ainsi, elle propose de renoncer aux offres publiques de rachat d'actions (tendance à la mode depuis 6 ans) pour consacrer une plus grande part à l'investissement, à la recherche-développement, à la formation de collaborateurs, à la perennité des entreprise et ... à la responsabilité sociale. M. Massié note que "les dirigeants d'entreprises, les actionnaires et les hommes politiques devraient prendre conscience qu'une politique volontariste privilégiant l'investissement aurait pour effet de favoriser la croissance du PIB, la création d'emplois qualifiés et le développemeny durable des entreprises françaises compétitives".
2. Deuxièmement, à propos des offres publiques, M. Le Bars nous expose l'actualité juridique et nous fait part de son sentiment sur la relation entre ces offres et la bonne gouvernance. Il s,avère qu'une philosophie commune anime les régulateurs et les autorités législatives : considérer les parties prenantes aux offres publiques comme des intervenants capables de prendre leur destin en main. Force est de constater que le législateur français et européen utilise la loi en cette matière comme un instrument d'accompagnement des principes reconnus collectivement comme devant régir un domaine d'activité donné. Finalement, le droit de rigide et directif devient un droit flexible, évolutif, adaptable ... ce que M. Le Bars qualifie de "droit de régularisation". Relativement au nouveau régime des offres publiques, cet auteur n'y voit pas forcément un échec de la gouvernance, mais un renforcement de cette dernière. Enfin, une question pertinente est posée : faut-il réguler les régulateurs pour éviter qu'ils ne dérapent ? ... question à laquelle M. Le Bars répond en insistant sur le rôle du juge, puisque "le contentieux est garant de la bonne gouvernance des gardiens de la gouvernance".
3. Troisièmement, quel bilan des assemblées générales du CAC 40 en 2006 ? Quelques tendances peuvent être signalées : augmentation du nombre d'entreprises du CAC 40 qui tiennent leur A.G. sur première convocation (80 %), réduction du nombre des résolutions rejetées par les actionnaires (5) ce qui ne cache pas la défaillance du gouvernanment d'entreprise sur les opérations de capital et la réélection des administrateurs, un examen approfondi de la composition des conseils d'administration par les investisseurs, une mutation significative des échanges avec les actionnaires, un affaiblissement de la cohésion au sein du triptyque "actionnaires, salariés et dirigeants/administrateur" (en raison des conflits entre actionnaires et salariés), une centralisation des A.G. sur les opérations financières (fusion, prise de participation, perte d'indépendance), une durée plus courte et une pertinence accrue des A.G. Une montée de l'activisme actionnarial en France : accroissement de la partie du capital des entreprises françaises détenues par des investisseurs institutionnels étrangers (46,4 % à l'heure actuelle), prise de conscience par les investisseurs institutionnels de leur rôle (création d'un service consacré à la gouvernance, augmentation de la participation des ces institutions aux A.G.) et influence des agences qui publient des recommandations pour aider les investisseurs à évaluer les implications financières des différentes résolutions et à voter dans lintérêt des actionnaires. Fin de l'immobilisation des titres : fin de cette tendance évaluée comme un frein à l'exercice de droit de vote en raison de la directive de l'Union européenne COM (2005) 685. Finalement, "la démocratie actionnariale en France (...) est en bonne santé. (...) Les solutions permettant aux entreprises de contrôler l'activisme actionnarial s'orientent autour d'une meilleure connaissance de leur actionnariat et d'une bonne communication pendant l'Assemblée générale. Cependant, il y aura incontestablement des situations où la communication ne pourra pas tout faire et où les entreprises seront poussées à faire des changements en interne. Avec la fin de l'immobilisation des titres, l'analyse de la gouvernance d'entreprise face aux exigences des actionnaires deviendra de plus en plus importante, elle sera une étape nécessaire dans la préparation de la saison 2007 des Assemblées Générales" (V. Joynes).
4. Quatrièmement, Stéphane a consacré il y a quelques temps un écrit sur les femmes et la gouvernance. Sur ce point, l'AFGE souligne que les femmes ont fait une apparition certaine dans les conseils d'administration de sociétés suisses. Ainsi, en 2006, 10 nouvelles administratrices ont-elles été élues. Globalement, la part des fenmes s'élève à 6,7 % des sociétés cotées suisses, contre 29 % en Norvège, 12 % aux US, 11 % au Royaume-Uni et au canada et ... 7 % en France. La Fondation d'investissement Ethos indique que "pour éviter les problèmes inhérents à l'imposition de quotas, la féminisation souhaitée des conseils devra passer par une étude approfondie des raisons de l'absence féminine des hautes sphères de la direction des sociétés et par la mise en oeuvre de mesures susceptibles de faciliter le parcours professionnel des femmes".

Accéder à la lettre d'information de l'AFGE

A la prochaine ...