vendredi, janvier 26, 2007

Gouvernance et confiance : une nouvelle donne ?

La confiance devient-elle un nouveau mécanisme de gouvernance ? Quelles sont alors les caractéristiques et la définition de cette notion ? Relativement à la valeur partenariale de la firme, la confiance induit des gains et des coûts qu'il convient d'identifier : quels sont-ils ? La confiance ne conduit-elle pas à faire évoluer les institutions ?

C'est à l'ensemble de ces questions que s'intéresse le professeur Charreaux dans son article écrit en 1998 et intitulé « Le rôle de la confiance dans le système de gouvernance des entreprises » ... à lire sans modération !

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Normes comptables non communautaires et marché boursier de l'UE

Bruxelles, 6 décembre 2006 - Voilà une information qui devrait intéresser les sociétés cotées canadiennes qui sont sur ou qui désireraient intégrer le marché des valeurs mobilières de l'Union européenne.
A la suite d’un vote au sein du Comité européen des valeurs mobilières et de l’approbation sans réserve du Parlement européen le 24 octobre 2006, la Commission européenne a adopté des mesures prolongeant de deux ans l’exemption transitoire accordée aux sociétés étrangères qui présentent des états financiers établis conformément à des normes comptables nationales pour l’émission de valeurs mobilières sur les marchés boursiers de l’UE. Une décision sur l’équivalence entre les principes comptables généralement admis (GAAP) des pays tiers et les normes internationales d’information financière (IFRS) devrait être adoptée avant la fin de 2009.
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Droit, économie et gouvernance : une lecture transversale

Bonjour, travaillant sur le thème des relations droit, économie et gestion (on ne peut y échapper lorsqu'est analysée la stakeholder theory !), je vous renvoie à la lecture d'un article de O. E. Williamson intitulé : « Why law, economics and organization ? » publié en 2000.
Sans en livrer davantage, cet auteur relève dans sa conclusion : « Not only does transaction cost economics hold that the way to think about contract and organization is to bring the purposive and farsighted lens of economizing to bear, but the existence and governance of firm are both the key transaction cost economics issues (...) Organization theory has massive ramifications for the transaction cost economics theory of the firm. Salient contributions from organization theory include the description of human actors in more veridical terms, the importance of intertemporal process transformations, choice of the unit analysis, and the description of the alternative modes of governance as syndromes of complementary attributes. The resulting theory of the firm differs greatly from the neoclassical ».

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jeudi, janvier 25, 2007

Les 10 décisions marquantes de 2006: la suite (4)

Le temps file et me voici finalement avec la quatrième des 10 décisions que j'estime marquantes en 2006: In Re Sears Canada Inc., Ontario Securities Commission, 8 août 2006.

Sears Holdings qui détenait environ 54% de Sears Canada a lancé une offre publique d’achat visant à privatiser sa filiale. Le conseil d’administration de Sears Canada a confié à un comité indépendant la responsabilité de l’opération, notamment en obtenant une évaluation indépendante du caractère équitable de l’offre et en formulant une recommandation au conseil à l’égard de celle-ci. Après que l’évaluation indépendante ait fixé la valeur équitable des titres de Sears Canada entre 19 et 22,25$, Sears Holdings a lancé son offre formelle au prix de 16,86$. Le conseil de Sears Canada a alors recommandé aux investisseurs de ne pas déposer leurs titres en faveur de cette offre opportuniste. Sears Holdings a réagi en indiquant que si la majorité des titres des porteurs minoritaires n’étaient pas déposés, elle allait mettre un terme à la politique de dividendes trimestriels de Sears Canada.

En parallèle, Sears Holdings a continué à signer des conventions de dépôt et de vote avec des investisseurs institutionnels. Une des conventions offrait à l’investisseur une exonération de toute réclamation de Sears Holdings et de Sears Canada en contrepartie du dépôt. D’autres conventions avaient été conclues avec l’engagement de modifier le calendrier de l’offre et de l’opération de privatisation de manière à permettre aux investisseurs signataires de profiter d’un traitement fiscal avantageux.

La conduite de Sears Holdings durant l’offre, incluant la signature des conventions de dépôt et de vote, a fait l’objet d’une demande d’ordonnance de la part du personnel de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO). Le personnel alléguait trois principaux motifs, à savoir une contravention à la règle de l’égalité de traitement, une divulgation insuffisante d’information et des manœuvres allant à l’encontre de l’intérêt public.

Sur le premier motif, la CVMO a statué que les conventions de dépôt contrevenaient à la règle d’égalité de traitement en ce que les investisseurs signataires obtenaient des avantages qui n’étaient pas offerts à tous les porteurs. Ces avantages faisaient en sorte que les investisseurs parties aux conventions recevait une contrepartie supérieure à celle reçue par les autres investisseurs. Un offrant peut tenir compte des incidences fiscales d’une offre pour les porteurs. Cependant, la règle d’égalité de traitement empêche un offrant de restructurer une offre, après qu’elle ait été lancée, pour avantager certains investisseurs dans leur planification fiscale. En l’espèce, la CVMO a considéré que Sears Holdings n’avait pas offert à tous les porteurs la possibilité de profiter des avantages fiscaux.

En ce qui concerne la divulgation d’information, la CVMO a considéré que Sears Holdings n’avait pas respecté les exigences de la réglementation. En particulier, Sears Holdings avait omis de divulguer certaines conventions de dépôt ou des éléments importants de celles-ci. La CVMO a rappelé que l’obligation de divulgation ne se limitait pas aux exigences spécifiques de la réglementation, mais visait toute information pertinente pour un actionnaire raisonnable dans sa décision d’accepter ou de refuser l’offre.


Finalement, la CVMO a estimé que certains éléments de la conduite de Sears Holdings étaient coercitifs et constituaient un abus des porteurs minoritaires et des marchés financiers. Il en allait notamment ainsi de la conduite de Sears Holdings à l’égard du comité spécial de Sears Canda. Cependant, la Commission s’est abstenu de fonder sa décision sur ce constat.

Nouvelles et nouvelles

Je signale deux articles figurant sur le site du Journal du management qui apportent de l'eau au moulin à la RSE :
  • « Le développement durable progresse en Europe », 8 janvier 2007 : lire cet article
  • « La France est venue tardivement à la RSE, mais elle va vite », 5 décembre 2006, entretien avec Jean-Jacques ROSE : lire cet article

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Reporting RSE et CAC 40

Journal du Management, décembre 2006 - Selon une étude sur les informations sociales dans les rapports 2005 des entreprises du CAC 40, réalisée par la CGT et Alpha Etudes, huit entreprises suivent strictement les exigences de la Loi NRE de 2001. Il s’agit d’Essilor, L’Oréal, la Société Générale, EDF, Saint-Gobain, Vivendi, Vinci et Veolia. La CGT regrette néanmoins l’absence des représentants des salariés dans le processus de reporting même si, finalement, 62 % des entreprises soumettent la fiabilité de leurs informations à des tiers.
Lire cet article sur le site du Journal du Management : un clic !
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ISR : impact ou non impact pour les investisseurs ?

Social Founds, 25 janvier 2007 - Au travers d'une étude menée en 2006, EIRIS (London-based Ethical Investment Research Services, LTD) démontre que l'investissement socialement responsable et la vision des investisseurs sur l'environnement, le social et la gouvernance sont fondamentales concernant certains secteurs.
Les investisseurs les plus forts sentent que les solutions environnementales, sociales et de gouvernance ont des effets sur le marché dans plus de 50 % des compagnies inclues dans le FTSE All World Developed Index. Il est à noter que les firmes d'énergie et les « utility companies » sont les premières concernées.

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Un « Business Vert » qui rapporte

Hemisphère Magazine, décembre 2006 - Un article intéressant sur le comportement des entreprises au regard « du vert ». Ce que les firmes regardaient d'un oeil curieux, suspicieux, sans intérêt monétaire, elles paraissent modifier leur comportement.

Je vous renvoie à cet écrit - qui relève le développement des lieux de travail vert, des opérations journalières, de nouveux produits et technologies, du « germe vert » à destination des fournisseurs et les partenaires financiers - dont je ne peux m'empêcher de reprendre lintroduction : « Pendant que le business pouvait être tenté d'adopter des pratiques environnementales sympatiques pour des raisons bénévoles, la grande motivation est que le vert rapporte financièrement ».

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Performances éthiques et classement des entreprises

World Business Counicl for Business Development, 18 janvier 2007 - (Traduction personnelle) Pour la seconde année, les membres du WBCSD ont obtenu les meilleures performances éthiques dans 7 sur 10 des entreprises du secteur industriel, selon le classement annuel publié par le groupe indépendant Covalence.
Ce rapport analyse les performances de 20 multinationales à travers le secteur industriel et les classe dans un top 10 selon le « Best Ethical Score », « Best Ethical Progress » and « Best Reported Performance ».
Pour la deuxième année, Unilever est au sommet du classement pour le « Best Ethical Score » et le « Best Ethical Progress » et rjoint Coca-Cola, Shell et BP dans le top 5 du classement des performances. En plus, Toyota, Ford, BASF, Dupont, Alcoa et Alcan ont eu des scores hauts dans les domaines du progrès et de la performance dans leurs industries respectives. Par ailleurs, les membres du WBCSD figurent bien en vue dans les cinq premières places du classement, renforçant leur présence de l'année passée.
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mercredi, janvier 24, 2007

Les 10 décisions marquantes de 2006: la suite (3)

Pour la présentation de la troisième décision marquante de 2006, je vous propose une incursion en droit américain avc l'arrêt In Re Initial Public Offerings Securities Litigation (Miles et al. v. Merrill Lynch & Co., et al.), U.S. C.A., 2nd Cir., 5 déc. 2006. Difficile, en effet, de faire abstraction du droit américain des sociétés et des valeurs mobilières au Canada.

Plus de 300 recours collectifs ont été intentés contre des courtiers, des émetteurs et des dirigeants relativement à des événements entourant des appels publics à l’épargne réalisés au début des années 2000. Essentiellement, les recours attaquent les pratiques suivantes des courtiers preneurs fermes: 1) soumettre la répartition des actions aux investisseurs à la condition que ceux-ci achètent des titres sur le marché secondaire; 2) exiger que les investisseurs se voyant accorder des titres lors des émissions leur versent des rémunérations secrètes, sous forme notamment de commissions additionnelles et d’opérations de barratage; 3) utiliser leurs analystes financiers pour manipuler le marché. Les investisseurs font valoir que ces pratiques étaient frauduleuses et contrevenaient aux dispositions du Securities Act et au Securities and Exchange Act.


Le litige porte sur le fardeau de la preuve des demandeurs pour obtenir l’autorisation des recours selon la Rule 23 des Federal Rules of Civil Procedures. La Cour est appelée à trancher une question qui divise les tribunaux. Elle rappelle que les demandeurs doivent satisfaire les quatre conditions de la Rule 23 : « numerosity, commonality, typicallity, and adequacy of representation ». Plus important encore, la Cour souligne que le tribunal doit apprécier les faits allégués de manière à être persuadé que ces conditions sont satisfaites. Cela peut amener le tribunal à devoir trancher des questions au mérite, même au stade de l’autorisation du recours, dans la mesure où elles concernent les conditions de la Rule 23.

En l’espèce, la Cour estime que les demandeurs n’ont pas démontré que l’existence de questions de fait communes prédominantes. En particulier, elle considère que le marché de l’appel public à l’épargne n’est pas efficient, en raison de lacunes institutionnelles. Cela fait en sorte que le fraud-on-the-market theory ne peut s’appliquer et que les demandeurs doivent établir qu’ils se sont fiés aux fausses représentations contenues dans les prospectus. De plus, il était possible que de nombreux membres du groupe aient eu connaissance des pratiques des courtiers, ce qui soulève des questions particulières relativement à l’application des défenses de ces derniers.

Cette décision est marquante en ce qu’elle signale probablement la fin de centaines de recours collectifs intentés suite à l’éclatement de la bulle technologique. Elle vient aussi resserrer les conditions de certification des recours collectifs ce qui pourrait entraîner une diminution des poursuites frivoles et opportunistes aux États-Unis.


mardi, janvier 23, 2007

Les 10 décisions marquantes de 2006: la suite

La seconde décision marquante de 2006 à mon avis, sans prétendre à quelque classement que ce soit, tel que mentionné, est l'arrêt Ford Motor Company of Canada Ltd. v. OMERS, 2006 CANLII 15 (Ont.C.A.).

Le litige s’inscrit dans le cadre de la privatisation de Ford Canada par la société-mère, Ford U.S., qui détenait au moment de cette opération 94% des titres de sa filiale. Pour réaliser l’opération, Ford Canada a mis sur pied un comité indépendant qui s’est appuyé sur une évaluation indépendante du caractère équitable de l’offre pour la recommander aux porteurs minoritaires. L’opération a été approuvée par l’assemblée des actionnaires, mais OMERS a fait valoir son droit à la dissidence, contestant la juste valeur de la contrepartie offerte. Dans le cadre du recours en dissidence, OMERS a lancé en parallèle un recours en oppression à l’encontre du système de prix de transfert utilisé entre Ford U.S. et Ford Canada. Selon OMERS, l
e système avait fait en sorte que tous les ans entre 1977 et 1995, la division canadienne des véhicules (CVD) de Ford Canada, qui vendait des véhicules assemblés à des concessionnaires Ford indépendants au Canada, avait réalisé des pertes, pour un total d'environ 7,5 milliards de dollars.

Dans sa décision, la Cour d’appel a entériné l’opinion du juge de première instance qui considérait le système de prix de transfert comme étant inéquitable. De plus, elle a considéré que la décision du conseil d’administration de Ford Canada relativement au système de prix de transfert ne méritait pas la protection de la règle de l’appréciation commerciale. Le conseil n’avait pas suivi un processus décisionnel prudent et diligent, acceptant le système proposé par Ford U.S. tel quel, sans discussion de son caractère équitable ou raisonnable, sans révision indépendante et sans négociation. La décision du conseil n’avait pas de fondement raisonnable méritant la déférence du tribunal. De fait, le conseil ne comprenait pas le système ni son impact sur la rentabilité de Ford Canada.


Par ailleurs, la Cour d’appel a statué que Ford U.S. avait agi de manière “oppressive” à l’encontre des porteurs minoritaires de Ford Canada. Même si Ford U.S. n’avait pas d’obligation de loyauté à l’égard des autres actionnaires, elle devait tout de même éviter d’agir de manière à porter injustement atteinte aux attentes raisonnables de ceux-ci. En l’espèce, les porteurs minoritaires avaient des attentes raisonnables qu’il y aurait négociation des prix entre les entités et que les dirigeants de Ford Canada allaient agir de manière à améliorer la rentabilité de la société. Ford U.S. a porté injustement atteinte à ces attentes raisonnables par son influence sur le système de prix de transfert.

L'arrêt rendu par la Cour d'appel constitue une décision marquante de 2006 en ce qu'il rappelle de manière très clair les limites de la protection offerte par la règle de l'appréciation commerciale, qui n'est pas à toute épreuve. De plus, il signale qu'un actionnaire dominant est susceptible d'être responsable à l'égard des minoritaires en vertu du recours en oppression lorsqu'il influe sur les décisions d'une société.

Gouvernance et corruption

Novethic, La lettre de l'économie responsable, octobre 2006 - La lettre de Novethic comporte un article sur le thème de la corruption et de la gouvernance. Malgré les déclarations dans la presse, les initiatives des entreprises du CAC 40 restent faibles en la matière et peu transparentes.

Cette lettre comporte également un interview du Directeur général de Bouygues indiquant que le développement durable est une opportunité de marché.

En outre, à signaler « au rayon des parties prenantes », la place grandissante de Amnesty International notamment au travers de sa volonté d'accroître les dénonciations.

Lire la lettre Novethic

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Lettre de l'AFGE de décembre 2006 : Pouvoir et entreprise

C'est autour de l'axe pouvoir que la dernière lettre de l'AFGE a été construite (lettre n°12, décembre 2006) ... Au sommaire de ce numéro, vous découvrirez :
  • Un exposé du projet de loi sur l'action de groupe en France ;
  • Le point sur la démocratie actionnariale ;
  • Les interrogations des entreprises sur le trop de transparence et de démocratie ;
  • Les conséquences des réformes des conventions entre les sociétés cotées et les dirigeants ;
  • ... et bien d'autres choses
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Profit, CAC 40 et débats ... tant de débats

Je signale cet article de presse de Marc TOUATI à propos de la notion de profit et des discussions entourant la légitimité de ces profits (« Profits du Cac 40 : arrêtons la démagogie ! » sur le site du Groupe RH&M). Loin de contester la notion de marché, trop souvent mal perçu, cet auteur conclut ces développements en relevant : « (...) si les politiques ont dernièrement échoué sur le front de la construction européennes, les marchés boursiers devraient, comme souvent, monter l’exemple ».
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Institut Français des Administrateurs : quelques news ...

L'IFA vient de publier deux documents qui intéresseront tous ceux que les problèmes de gouvernance motivent.
Le premier document (16 janvier 2007) est relatif à cinq recommandations clés que préconise l'IFA quant au Comité de rémunération. Ces recommandations concernent :
  • La constitution du Comité
  • La composition du Comité
  • Le rôle du Comité
  • La rémunération des mandataires sociaux
  • La nomination des mandataires sociaux
Un document à découvrir ... en un clic

Le deuxième document est la synthèse de l'actualité du Gouvernement d'entreprise du 14 décembre 2006 au 10 janvier 2007. Je vous rappelle que le première partie de cette synthèse a trait strictement au gouvernement d'entreprise ...
Pour ce mois-ci, vous apprendrez que la rémunérations des patrons a diminué, que le patronat a publié ses recommandations, que l'AMF a fait parler d'elle, que la SEC fait évoluer les modalités de communication financières des sociétés américaines, que l'activisme actionnarial a du mal à s'imposer en France, ....
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Colloque sur l'entreprise et les nouveaux risques

Le Centre d'études en droit économique (CÉDÉ) de l'Université Laval tient un colloque le vendredi 23 février prochain sur le thème L'entreprise et les nouveaux risques: gestion, assurance et responsabilité. Organisé avec la collaboration de la Chaire en droit des affaires et du commerce international, le colloque a pour but de mieux connaître les nouveaux risques auxquels les entreprises sont confrontées et de stimuler la réflexion sur les mécanismes de gestion, d'assurance et de responsabilité au regard de ces risques. Ce colloque sera une bonne occasion d'échanger avec des professionnels du milieu juridique et de la communauté d'affaires intéressés par ces questions.
Pour inscription (de préférence avant le 5 février) et détails sur le programme, voir ici.

lundi, janvier 22, 2007

Loi n°2006-1770 du 30 décembre 2006 pour le développement de la participation et de l'actionnariat salarié

Assemblée Nationale, 30 décembre 2006 - Adopté ! Nous l'avions présenté à titre de projet de loi, mais voilà le temps passe et la loi du 30 décembre 2006 (n° 2006-1770) pour le développement de la participation et de l'actionnariat salarié a été voté par la Parlement français ...
Pour consulter ce texte : il suffit d'un clic de « souris » !
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Dispositif de contrôle : cadre de référence ... la recommandation de l'AMF

AMF, 22 janvier 2007 - Que d'actualité riche en ce début d'année ! L'AMF nous offre ainsi une recommandation concernant le dispositif de contrôle interne applicables aux rapports des Présidents sur les procédures de contrôle interne relatifs aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2007.

Ayant constitué un cadre de référence et un guide d'application à l'ensemble des sociétés faisant appel public à l'épargne en France, l'AMF recommande son utilisation. Toutefois, ces documents n'ont pas vocation à être imposé aux sociétés, notamment celles soumises à un référentiel applicable par une autre réglementation ou à se substituer aux réglementations spécifiques en vigueur dans certains secteurs d'activité.
Par conséquent, les sociétés doivent préciser dans le rapport du Président si elles se sont appuyées sur ce cadre de référence pour la rédaction du rapport. En cas d'application partielle, les sociétés doivent identifier les domaines ou les processus clés de contrôle interne qu,elles ont appliqué. Les mêmes principes de transparence s'appliquent pour l'utilisation de tout autre référentiel que la société choisit ou est tenues d'appliquer au plan international et qui devra être présenté.

Accéder à la recommandation de l'AMF : cliquez ici

Accéder au Cadre de référence et au « Guide d'application pour les procédures de contrôle interne relatives à l'élaboration et au traitement de l'information financière et comptable publiée » (31 octobre 2006) : cliquez ici
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Autorités des Marchés Financiers et Gouvernement d'entreprise

AMF, 22 janvier 2007 - L'AMF vient de rendre public son rapport 2006 sur le gouvernement d'entreprise et le contrôle interne. Etabli sur la base d'entretien informels, l'objectif de ce rapport est d'apprécier la pertinences des informations publiées par les émetteurs faisant appel public à l'épargne en matière de gouvernement d'entreprise et de contrôle interne.
Qu'apprend-t-on dans ce document ? Deux pistes intéressantes sont développées par l'AMF : l'une concerne le gouvernement d'entreprise (1.) et l'autre le contrôle interne (2.). J'en résumerai les grands points et vous renvoie au document pour davantage de détails.
1. Enseignements sur le gouvernement d'entreprise : de nombreux points sont mis en lumière par l'AMF, ceux-ci portent sur les domaines ...
  • ... des administrateurs indépendants : l'AMF recommande que les sociétés doivent clairement indiquer si leur conseil comporte ou non un ou plusieurs administrateurs indépendants. Ces derniers doivent êtrre identifiés. Les sociétés doivent préciser les éléments qui permettent une telle qualification.
  • ... du cumul des mandats : l'AMF rappelle que le rapport doit préciser les paramètres des sociétés dans lesquelles les administrateurs exercent d'autres mandats (notamment en ce qui concerne l'appartenance ou non de ces sociétés au groupe concerné).
  • ... du rôle du conseil : l'AMF recommande que le règlement intérieur du conseil soit reproduit en annexe du document de référence, du rapport annuel ou d'un document équivalent.
  • ... des comités spécialisés : l'AMF recommande qu'il est important qu'une société indique pour quelles raisons elle ne se confornmerait pas à un standard de Place en matière de gouvernement d'entreprise.
  • ... de l'évaluation des travaux du conseil : l'AMF recommande aux sociétés ayant procédé à une évaluation du fonctionnement du conseil (nobre ayant doublé depuis 2004) d'en communiquer les pistes d'amélioration envisgées par la société à la suite de cette évaluation.
  • ... des limitations apportées par le conseil aux pouvoirs du directeur général : l'AMF rappelle que ces limitations (en nombre croissant) doivent être mentionnées dans le rapport du Président et que le renvoi par certaines sociétés au règlement intérieur du conseil n'est envisageable que si celui-ci est accessible aux actionnaires.
  • ... de la rémunération des dirigeants : l'AMF recommande aux sociétés de mentionner précisément les parts fixe et variable de la rémunération et l'existence ou non d'avantages en nature. De plus, l'AMF note que les sociétés doivent être plus explicites quant aux critères en application à partir desquels la rémunération variable des dirigeants a été calculée et qu'elles doivent indiquer clairement le pourcentage de la part effectivement indexée sur ces critères et celui de la part laissée à l'appréciation du conseil. Relativement à l'information sur les rémunérations différées, indemnités de départ et engagements de retraite, l'AMF recommande aux sociétés qui ne prévoient pas d'avantages spécifiques à leurs mandataires sociaux, de le préciser expressément et de manière individuelle. En outre, les sociétés doivent mentionner clairement où se trouvent les informations et donner une information quantifiable et quantifiée.
2. Enseignements sur le contrôle interne : de nombreux points sont également mis en lumière par l'AMF, ceux-ci portent sur les domaines ...
  • ... des définitions et objectifs du contrôle interne : Si les objectifs sont la fiabilité de l'information financière et comptable et le contrôle des opérations et le respect des lois et règlements, les rapports doivent rappeler que ce dispositif n'est pas une garantie absolue.
  • ... du périmètre couvert par les rapports du Président : Les sociétés doivent préciser le périmètre couvert par le rapport du Président. Quand les sociétés utilisent la notion de groupe, l'AMF recommande d'indiquer si cette notion recouvre l'ensemble de la société-mère et des sociétés consolidées et, à défaut, de mentionner les filiales ou branches qui ne sont pas couvertes.
  • ... du référentiel utilisé : l'AMF recommande aux sociétés de se conformer dans leurs descriptions au plan correspondant au référentiel sur lequel elles s'appuient.
  • ... du recensement et dispositif de gestion des risques : l'AMF rappelle que les sociétés doivent faire le lien entre les risques et les procédures mises en place.
  • ... les procédures de contrôle interne : l'AMF recommande que les sociétés renforcent le lien entre les objectifs énoncés et la description des procédures de contrôle interne faite dans le rapport du Président. Par ailleurs, l'AMF insiste sur le fait que les descriptifs des procédures de contrôle interne ne doivent pas rester à des niveaux de considération trop générale.
  • ... les diligences et l'appéciation du dispositif de contrôle interne : l'AMF rappelle que l'effort de transparence relative à la description des diligences ayant sous-tendu la préparation du rapport doit être maintenue (effort qui a augmenté en 2005). De plus, pour les sociétés soumises à la Sarabanes-Oxley, l'AMF renouvelle sa recommandation sur la description par les sociétés des travaux d'amélioration des processus de contrôle interne, conclusions qui doivent être portées à la connaissance des actionnaires. Enfin, l'AMF estime souhaitable que les sociétés précisent les éventuelles défaillances ou insuffisances graves qu'elles auraient pu noter.
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dimanche, janvier 21, 2007

Les 10 décisions marquantes de 2006

Je commence aujourd'hui la présentation de ma liste (très arbitraire) des 10 décisions marquantes rendues en 2006 en matière de gouvernance et de marchés financiers. Les décisions présentées seront ensuite regroupées dans un bulletin spécial de la Chaire en droit des affaires. Puisque le choix des 10 décisions est déjà périlleux, je m'abstiendrai de les classer, les révélant dans un ordre totalement aléatoire au cours des prochains jours.

Dans cette perspective, une des 10 décisions marquantes de 2007 est Greenlight Capital Ltd. v. Stronach, 2006 CanLII 36620 (On. S.C.).

Dans cette affaire, la demanderesse, un fond de couverture, a lancé un recours en oppression à l’encontre d’une série d’opérations entre parties reliées réalisées par MI Development (MID) avec Stronach qui en détient le contrôle. Elle faisait valoir que ces opérations portaient injustement atteinte à ses attentes raisonnables , notamment parce qu’elles étaient menées par un comité du conseil qui n’était pas indépendant, que Stronach avait exercé une influence indue et que les pratiques exemplaires de gouvernance et les politiques de gouvernance de MI Development n’avaient pas été respectées. Greenlight soutenait également que la direction de MID avait réalisé un changement dans les orientations qui portaient atteinte à ses attentes raisonnables.

La Cour a rejeté l’ensemble des allégations de Greenlight, en soulignant que les membres du comité étaient indépendants et que Stronach n’avait exercé aucune pression sur les administrateurs.

Plus important encore, la Cour a formulé des commentaires sur la relation entre le devoir de prudence et diligence et les pratiques et politiques de gouvernance.

Greenlight is proposing a gold standard of corporate governance and […] its criticisms in this regard concentrate on form and process rather than on the substance of, or result of, any actions taken by the Board or the Special Committee.

The standard of review of the actions of either a board of directors or a committee of directors is as set out in s. 134 of the OBCA to act honestly and in good faith with a view to the best interests of the corporation and to exercise the care, diligence and skill that a reasonably prudent person would exercise in comparable circumstances. This court is not required to do a microscopic examination of a committee or a board’s processes and proceedings. The burden is on the party alleging oppression to provide evidence of improper behaviour on the part of the board or a committee. […] There is no evidence before this court that the failure of the Board or the Special Committee in certain instances to comply scrupulously in all respects with such corporate governance practices or policies resulted in the directors not complying with either their duty of good faith or duty of care. […] The imperfections in the corporate governance process with respect to certain of the challenged transactions cannot, in my view, form the basis for a finding of oppression.

En l’espèce, la Cour est d’avis que la formation du comité spécial du conseil et le processus décisionnel suivi pour réviser les opérations en cause constituaient une illustration de ce à quoi peuvent raisonnablement s’attendre les actionnaires. De plus, les délibérations du comité et du conseil s’appuyaient sur des avis de conseillers financiers et légaux indépendants, de même que sur des informations détaillées sur les opérations. Ainsi, les délibérations ont porté sur les objectifs d’affaires et les structures alternatives pour réaliser les transactions. Malgré des accrocs aux pratiques exemplaires de gouvernance ou aux politiques de gouvernance de MID, la Cour considère donc que les administrateurs ont agi conformément à leurs devoirs.

Cette décision est marquante en ce qu'elle est la première, depuis l'arrêt Magasins à rayons Peoples Inc., à traiter du lien entre les pratiques exemplaires de gouvernance et la norme de prudence et diligence. Selon la décision Greenlight, les pratiques exemplaires ne viennent pas s'intégrer automatiquement dans la norme de prudence et diligence. Elles font partie des éléments contextuels, des circonstances, qui peuvent hausser la barre. Cependant, il faut démontrer que, dans les circonstances, les pratiques exemplaires devaient être suivies par les administrateurs. Et à cet égard, la Cour signale que les tribunaux doivent faire preuve de déférence à l'égard du processus décisionnel des administrateurs et éviter de le réviser de manière trop détaillée. La décision Greenlight contribue donc à présever l'autorité décisionnelle des administrateurs en atténuant leur risque de responsabilité dans de telles circonstances.

Théorie de l'entreprise et ouvrage

En ce dimanche matin d'un Montréal ensoleillé et un peu enneigé, je conseille la lecture de l'ouvrage suivant : "De Nouvelles théories pour gérer l'Entreprise au XXIème siècle" (sous la direction de G. KOENIG, Economica, 2000).

La stakeholder theory ne peut être traité complètement sans analyser les problèmes entourant la propriété de l'entreprise.
Dans ce contexte, ce livre propose de multiples exposés des discussions concernant ce thème : une présentation de la théorie des droits de propriété, une lecture nouvelle de la théorie de l'agence, la théorie des coûts de transaction et des conventions.
A la prochaine et bonne lecture ...