jeudi, février 15, 2007

Valeur de l'entreprise et développement durable

... C'est sous ce titre que mademoiselle Géraldine RIVIERE a exposé l'état de ses recherches lors d'une conférence à HEC Montréal. Que retenir de ces travaux ?

Après avoir rappelé la définition du reporting sociétal (qui s'organise autour de 5 axes), cette dernière nous a fait part de l'incertitude qui existe en matière de qualité de la diffusion de l'information environnementale, en matière de relations entre cette diffusion et les performances sociétales et en matière d'insuffisance de tentatives de normalisation ou de standardisation.
Elle s'est alors interrogée sur les motivations des entreprises et a constaté que, bien que le raport avec la performance sociétale soit incertain, l'information environnementale diffusée permettait une meilleure appréciation de la valeur globale de l'entreprise.
Par ailleurs, sa problématique s'est centrée sur la question suivante : la vérification sociétale garantie-t-elle une fiabilité de l'information ? En d'autres termes, est-ce qu'il y a une pertinence de la diffusion sociétale ? Pour répondre à cette question, cette chercheuse a interrogé 3000 analystes, leur réponse à un questionnaire devant révéler que la valeur du marché prend en compte l'information environnementale. Si elle n'a pu exploiter tous les résultats obtenus, celle-ci a fait part d'une tendance qui confirmerait que la valeur marché appréhendrait les informations environnementales et leur qualité.

Voir le résumé de la présentation

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Synthèse n°75 du gouvernement d'entreprise de l'IFA en ligne

En ce qui 15 février 2007, la synthèse de l'actualité du gouvernement d'entreprise produit par l'Institut Français des Administrateurs n°75 (du 25/01/07 au 07/02/2007) est disponible ... Je vous en glisse le lien
Vous apprendrez que :
  • La rémunération des administrateurs fait encore parler d'elle (la tendance étant à une réduction de celle-ci) ;
  • Le gendarme US des marchés dérivés (CFTC) a publié de nouvelles règles de gouvernance ;
  • L'AMF fait parler d'elle sur les hedge funds et sur bien d'autres points ;
  • La notoriét et la place des banques d'affaires sont discutées ;
  • Les actionnaires individuels semblent s'impliquer plus ;
  • Et bien d'autres choses ...
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Théories contractuelles et finance

Bonjour à toutes et tous, ce matin je vous renvoie au site internet de l'Institut européen de corporate governance qui annonce le colloque de Mannheim Financial sur le thème « Financial Contracting: Theory and Evidence ».
Non que je souhaite faire de la publicité gratuite, mais vous découvrirez en cliquant sur le lien que je vous mets à disposition les papiers en ligne des différents interventions. Vous découvrirez des écrits aussi variés que :
  • Loan Sales, Loan Contracting, and Lending Relationships,
  • Creditor Control Rights and Firm Investment Policy,
  • Fraud and Moral Hazard in Financial Contracts: Do Borrowers Cheat more when Lenders Care less?,
  • Strategic Investing and Financial Contracting in Start-ups: Evidence from Corporate Venture Capital,
  • Vesting and Control in Venture Capital Contracts,
  • Asset Liquidity, Boundaries of the Firm and Financial Contracts: Evidence from Aircraft Leases,
  • The Effect of Judicial Bias in Chapter 11 Reorganization,
  • Optimal Resolutions of Financial Distress by Contract,
  • A Reconsideration of the Jensen-Meckling Model of Outside Finance,
  • The Role of High Water Marks in Hedge Fund Compensation,
  • The Economics of Super Managers,
  • Executive Stock Options when Managers Are Loss Averse,
  • CEO Compensation and Private Information: An Optimal Contracting Perspective
... A parcourir sans modération pour tous ceux que les théories contractuelles de la firme et les mécanismes financiers intéressent !
Accéder aux divers papiers de cette journée : cliquez

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mercredi, février 14, 2007

De l'importance des dividendes

Pour Larry Summers (ancien ministre de Bill Clinton), « La redistribution des dividendes de la globalisation est aujourd'hui la question la plus importante posée aux démocraties développées ».

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De l'importance de parler aux actionnaires

Un article de Michel ALBOUY (« Les histoires racontées aux actionnaires », Revue française de gestion, 2005, Vol. 31, n°159, p.213) nous inspire ces quelques pistes de réflexions sur les rapports entre droit, finance comportementale et analyse économique du droit. Les exigences de dialogue entre actionnaires et dirigeants (exigences que l'on retouve dans le droit des sociétés tant canadien que français) ne fournissent-elles pas une illustration des rapprochements susceptibles d'être construits entre ces différentes disciplines ?
1. Dans l'univers des marchés financiers où l'incertitude règne et où les informations sont difficiles à décoder, ce dialogue entre actionnaires et dirigeants permet de combattre la rationalité limitée. Ainsi, les dispositions juridiques favorisant un tel échange peuvent être vus comme tendant à s'insérer dans l'hypothèse de rationalité. Le rapport entre droit et analyse économique est donc ici tout trouvé ! Cependant, la rationalité demeure limitée en raison de décisions intuitives ... nous abordons alors le relation entre finance comportementale et droit.
2. La finance comportementale analysant les décisions d'investissement et de financement (notamment des actionnaires) en dehors des seules données chiffrées trouve également un point de jonction avec le droit. En effet, si l'intuition joue un rôle dans le comportement des actionnaires, une telle intuition ne peut être déclenchée que si des mécanismes sont mis en place pour faciliter le dialogue entre actionnaires et dirigeants.
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Efficience des marchés financiers et droit des sociétés

Bonjour à tous, quel lien y-a-t-il entre finance comportemntal et droit des sociétés ? Aucun me direz-vous ... Pourtant, Henri MANNE offre une analyse fort instructive de la relation entre ces deux thèmes dans un article de Lewis et Clark Law Review (Vol. 10, n°1, été 2006, p.169) intitulé « Behavioral Analysis of Corporate Law : Instruction or Distraction ».

Constatant l'inefficience du marché, la mauvaise qualité de l'information (celle-ci ne serait que partielle), la tendance des économistes a été de développer des théories critiquant le modèle de Adam SMITH (la perfection du marché repose sur la prémisse que l'information est parfaite et sur la notion que tout le monde dispose d'une information sur les biens disponibles et les prix du marché). Au niveau juridique, la questions se pose d'une éventuelle régulation : « regulatory agencies like the SEC will in time have to rethink their basic assumptions and perhaps modify regulations ». Une telle attitude est-elle pertinente ? Comme le relève cet auteur, ces modifications de législation ne sont pas positives et « that no longer can be defended ». Pour quelles raisons ? ... Henri MANNE s'appuie sur la finance (ou l'économie) comportementaliste pour expliquer que l'information partielle dont disposent les traders n'empêche pas le marché d'être efficient. L'information qui permet une meilleure allocation de ressources ne peut résulter que d'un grand nombre de personnes qui disposent d'une information. The « aggregation all of that information in a market generate a market price ». En d'autres termes, plus il y a de participants au jeu meilleur sera le résultat et même si certains participants ont des informations erronées ou essayent de manipuler les résultats. Finalement, tous les efforts pour restreindre les restrictions aux échanges sont contre-productifs, puisque l'information partielle (ou l'irrationnalité des agents) ne peut déjouer l'efficience du marché.

Pour consulter ce papier : cliquez ici

Pour consulter un article récent traitant de l'efficience des marchés, nous vous renvoyons à celui de Michel ALBOUY : « Peut-on encore croire à l'efficience des marchés financiers ? », Revue française de gestion, 2005, n°157, p.169. Cet auteur indique que si finance comportemantale permet de s'interroger sur la pertinence de l'hypothèse d'efficience des marchés financiers, ce dernier postulat ne doit pas être remis en cause mais uniquement minimisée.

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mardi, février 13, 2007

Economie et environnement : une relation complexe

Je signale cet article de Olivier BOIRAL « Environnement et économie : une relation équivoque » paru à la revue des sciences de l'environnement (Vertigo) en septembre 2004, Vol. 5, n°2 ...
Cet écrit permet de confronter le modèle de Porter (l'environnement est une source d'amélioration de la compétitivét de l'entreprise) à un certain nombre de critiques (l'existence de peu d'analyse confortant le modèle de Porter, le caractère de dépense des actions de dépollution, variabilité économique des retombées suivant le type d'entreprise, préférence pour les investissements les plus économiques possibles).
Pour lire cet article : cliquez ici
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Law and economics : une approche du droit des sociétés

Bonjour, je vous propose d'exposer en quelques mots l'article de Henri MANNE « Our two corporation systems : Law and Economics » (Virginia Law Review, 1967, Vol. 53, n°2, p.259).
Permettant de tracer la frontière commune entre le droit et l'économie, cet article offre l'opportunité de proposer une lecture transversale des « grandes règles » d'une firme et de développer les distinctions entre les sociétés ouvertes et les sociétés fermées. Enfin, le point de vue de Henri MANNE s'inscrit dans une démarche prospective, puisqu'une évolution du droit des entreprises américain se dessine ... évolution qui permet d'expliquer certaines règles d'aujourd'hui.
Constatant que la theory of corporations est fondée sur une distinction entre ce qui relève des sociétés ouvertes (large business) et ce qui relève des sociétés fermées (small business), MANNE détaille ces deux théories en se refusant à les fusionner (1. et 2.).
1. A propos des sociétés ouvertes, il distingue la construction économique (a)) et la construction juridique (b)). a) Le développement de ces sociétés s'explique par le fait qu'elles constituent un moyen d'augmenter le capital d'une partie importante des investisseurs. « It is possible to predict or describe much of legal structure of the large corporation system from the logical implications of this one section ». De ce moyen, MANNE fait découler trois conséquences :
  • La mise en place d'un management centralisé au travers d'un board of directors (cette spécialisation a pour objectif de permettre au système d'opérer efficacement) ;
  • La place qu'occupe le concept de responsabilité limitée (évite le risque de désastre, fournit un risque reconnaissable pour les créditeurs de l'entreprise, coût de la charge sur les investisseurs peu élevé) ;
  • L'existence d'une liquidité de l'investissement qui permet de changer d'alternative dans l'utilisation des fonds, de partir en cas de non-satisfaction sans mettre fin à l'entreprise.
Il ne doit pas être perdu de vue que ces trois conséquences sont liées à l'existence de trois marchés : un marché pour l'investissement en capital, un marché permettant l'achat et la vente des actions et un marché pour le contrôle de la société. b) Au plan juridique des sociétés ouvertes, MANNE expose les grandes lignes à compter de 1930. Que constate-t-il ? D'une part, alors que la construction tenant aux actes de 1930 est flexible et permissive, le système juridique s'est développé en dehors largement au travers des lois de sécurité fédérales. D'autre part, cet auteur met en avant plusieurs points saillants : la présence d'un board of directors à la tête des sentreprises, le développement du business judgement rule (dont il reprend les traits principaux), les moyens mis en place pour rembourser les dommages dus à la non-honnêteté, à la déloyauté et à la négligence grossière des managers, les problèmes entourant le versement de dividendes aux shareholders, le cas particulier des décisions organiques qui dépassent la compétence des managers (compromis nécessaire entre majorité et unanimité) et les limitations mineures du droit des sociétés liées à l'égalité entre shareholders et au droit de préemption des shareholders.
2. A propos des sociétés fermées, « the general laws simply codified what were understood to be the requirements for a system of public held corporations ». Or, un tel système est-il adapté ? La réponse de MANNE est négative. Aprés avoir souligné le rôle des dispositions fiscales dans le développement des sociétés fermées, plusieurs différences animent les sociétés ouvertes et les sociétés fermées ce qui rend l'extension de règles de la première à la seconde critiquable. Quelles sont ces différences ? La société fermée est caractérisée par un but différent de celui de l'accroissement du capital, par un rôle actif des shareholders, par une absence de libre transferabilité des actions, par une absence de marché d'un contrôle des sociétés, par des règles de dividendes différentes, par le peu de protection des minoritaires, par une attitude distincte des magistrats (autre attitude sur les échanges des insiders sur le marché ou sur la liberté pour les arrangements possibles concernant la structure interne de la société). En écho à ce dernier point (approche différente des tribuanux), MANNE note « legislative approval of small corporate norms developed long before the courts began to reflect a more sympathetic approach». Par ailleurs, cet auteur esquisse une piste future sur l'évolution de la législation : « our general corporation laws seem to be in the process of becoming general close corporation laws with only incidental relevance to large companies ».
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lundi, février 12, 2007

La gouvernance dans tous ses Etats : point de vue

Le numéro 4 de la Revue Internationale de Gestion (Vol. 31) comprend un article de Claude Lorrain consacré à « La gouvernance dans tous ses Etats » ... article dont je vous conseille la lecture.

Résumé emprunté à la revue : « Depuis quelque temps, la thématique de la gouvernance occupe le centre de nombreux débats. Dans ce contexte, le but de cet article est de livrer une partie de mes réflexions sur la gouvernance au Canada. Pour ce faire, je me suis fortement inspiré du modèle de Charreaux (1997), qui propose de réfléchir aux organisations en fonction de mécanismes externes et internes de gouvernance. En vertu de cette approche, l'ensemble des mécanismes qui assurent aux investisseurs que ceux à qui ils confient leurs ressources les utiliseront aux fins promises et non pas à des fins personnelles constituent des mécanismes de gouvernance pertinents. En appliquant mon analyse des mécanismes externes et internes de gouvernance au contexte canadien, j'ai considéré deux types d'entreprises assez courants au Canada : les entreprises à structure d'actionnariat minoritaire et les sociétés d'État. Je conclus mon analyse en précisant les nombreuses avenues de recherche qu'il reste à explorer si on veut mieux comprendre la gouvernance dans le contexte canadien ».

Pour une lecture complète de cet écrit, je vous renvoie à l'article : cliquez

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Information financière française : 46,4 % du CAC 40 détenu par des investisseurs étrangers

Selon le Journal du management, avec une progression de 23,4 % de l'indice CAC 40, des bénéfices exceptionnels et une vague de fusions-acquisitions très importante, le marché français a attiré les investisseurs étrangers en 2005. Sur les 37 valeurs de l’échantillon, 16 sont désormais détenues à plus de 50 % par les non-résidents, contre 13 l’an dernier et 10 en 2002.La hausse du taux de détention par les non-résidents a concerné l'ensemble des secteurs de l'économie. Les hausses les plus fortes concernent les technologies de l’information (+ 13,2 points) et celui des services non cycliques (+ 8,1 points).

Voir le taux et la ventilation géographique de l'investissement étranger sur le marché français : http://management.journaldunet.com/repere/detention_cac40.shtml

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La loi sur l'actionnariat salarié favorise le rachat d'entreprise par les salariés

Après avoir connu son heure de gloire dans le milieu des années 1980, le rachat d'entreprise par ses salariés est tombé en désuétude car privé de ses avantages fiscaux. La loi du 30 décembre 2006 sur la participation et l'actionnariat salarié, en autorisant l'affectation des sommes de l'épargne salariale au rachat des titres de l'entreprise, semble remettre ce rachat à l'ordre du jour ...
Lire cet article du Journal du management en un clic

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dimanche, février 11, 2007

La gouvernance sans histoire ?

Bonjour, comme je le disais dans de précédents articles, la gouvernance est un travail de tous les jours. En ce dimanche 11 février, je retiens la leçon de BEBCHUK et HAMDANI : la gouvernance ne peut se comprendre que dans sa globalité, c'est-à-dire, en étudiant son histoire. Cette leçon est transmise au travers un écrit analysant l'historique du droit fédéral américain des sociétés ("Federal Corporate Law : Lessons from Hisotry") publié à la revue de droit de l'université de Columbia ...

BEBCHUK et HAMDANI tentent de répondre aux interrogations suivantes : "Does the competition for corporate charters induce states to offer arrangements that enhance shareholder value ? What role if any should federal law play in the regulation of corporate affairs ?"

Etat des lieux de l'Histoire : En dépit de vérités souvent affirmées, les auteurs constatent que les interventions fédérales permettent de résoudre un certain nombre de difficultés lié au débat de la performance de la compétition entre Etats dans la production de règles de droit des sociétés. Alors que la situation des insiders est excessivement lax lorsque celle-ci est laissée entre les mains de la compétition entre Etats ; les interventions de l'Etat fédéral se montrent plus dures (voir les exemples en matière de prises de contrôle, de distribution des bénéfices et des informations internes et externes). En outre, il ressort de cette présentation que l'influence des insiders se fait ressentir plus au niveau des Etats. De plus, la protection des investisseurs s'avère une préoccupation plus importante de l'Etat fédéral qui dispose d'outils que les Etats n'ont pas (règles concernant le mandat, standards du juge, régulation des insiders et des outsiders, existence de sanctions criminelles).

Enseignements pour le futur : Après avoir dressé ce constat, les auteurs tissent des pistes pour le futur : 1. La menace de l'intervention de l'Etat fédéral n'est pas suffisant pour pousser les Etats à adopter des mesures de protection efficaces et adéquates des investisseurs 2. Si les approches occasionnelles sont de meilleure politique, celles-ci doivent être proactives (ne pas se limiter à intervenir quand une législation étatique est un échec et ne pas hésiter à "fédéraliser" certaines règles).

Accéder à l'article (en anglais) : http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=927008 ... et le lire !

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